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Patrick Sébastien fête ses 40 ans de scène à l'Olympia et en direct sur France 2

Patrick Sébastien fête ses 40 ans de scène à l'Olympia et en direct sur France 2
Vendredi 14 novembre à 20:45 en direct sur France 2, Patrick Sébastien fête ses 40 ans de scène à l'Olympia, entourés d’amis. Dans la salle, tout le public sera déguisé. Sur scène, il y aura aussi des déguisements comme au bon vieux temps de l’émission Carnaval, du rire et aussi des moments de tendresse. Une soirée unique et totalement délirante : Ze Fiesta !

À l’occasion de la soirée exceptionnelle que lui consacre France 2, Ze Fiesta, 40 ans de carrière, Patrick Sébastien accepte de jeter un regard en arrière sur ces quarante années. Encensé par son public, toujours fidèle, il livre les clés d’une réussite qui questionne1 et ne manque pas de susciter jalousies et rivalités.

Comment allez-vous fêter ces 40 ans de carrière ?

Pour l’émission du 14 novembre, Ze Fiesta, avec un « Z », on a prévu des tas de surprises. Tout le public sera déguisé, comme lorsque j’ai fait l’Olympia en 1983, avec une petite dont personne ne s’est souvenu par la suite, Céline Dion, qui avait alors 16 ans (rires). Les « people » viendront à nouveau déguisés en personnalités, en personnages…
Avec vingt musiciens d’orchestre sur scène, je chanterai mes chansons. On présentera des numéros très intéressants ; mes potes que j’ai aidés Chico et les Gipsys, Dany Boon qui va refaire un sketch tout spécialement pour l’occasion alors qu’il n’en fait plus aujourd’hui. Et puis surtout l’ambiance ! C’est une soirée festive, comme j’en fais beaucoup.
Ce qu’il y a de bien dans une soirée déguisée comme celle qu’on va faire, c’est que les classes sociales sont abolies : P.d.-g, notaires, ouvriers, clochards ; il n’y a plus de différence. Toutes les sociétés qui tiennent à peu près bien ont des gros carnavals. Le déguisement est quelque chose de sain qui permet aux gens de sortir d’eux-mêmes et de se rapprocher. C’est social le déguisement. On devrait se déguiser plus souvent ! (rires)

Lors d'une précédente interview (les 30 ans de scène) vous avez déclaré : « Mes études m’ont été bien utiles pour écrire. Même si je me suis servi de ces acquis pour faire du futile… » Pouvez-vous revenir dessus ?

Je n’ai pas fait que du futile. L’image de marque, c’est le futile. J’ai fait des études de lettres, ce qui m’a permis d’écrire des pièces qui marchent très bien ; j’ai aussi réalisé le scénario d'un polar : M. Max et la rumeur (le 29 octobre sur France 2, ndlr). Le choix de la légèreté est un créneau à prendre, très peu de gens s’y intéressent.
Depuis quelque temps, mes chansons sont devenues des hymnes de la fête qui passent un peu partout, dans tous les endroits où l’on s’amuse, où l’on ne se prend pas la tête.

« Ne pas se prendre la tête » n’est-ce pas votre message d’aujourd’hui ?

Je n’ai pas de « message ». Je mène une vie et une carrière de saltimbanque qui passe son temps à faire le grand écart. Je réalise aussi bien des émissions de télé que des galas ou des concerts. Mon dernier bouquin sort début novembre, le téléfilm M. Max et la rumeur, adapté d’une de mes pièces, sur le registre du polar intimiste a été diffusé sur France 2.
La veille du 31 décembre, je me trouverai dans un petit café-théâtre pour jouer Le Secret des cigales, une pièce à la Marcel Pagnol, et le 31, TV5Monde diffusera Le Plus Grand Cabaret du Monde pour 60 millions de personnes et, en même temps, je vais être au festival du Poupet, au Zénith de Nantes, devenu le temps de cette soirée, la plus grande boîte de sardines de France. Ce sont des univers totalement différents, mais c’est ce qui m’intéresse : faire le grand écart. En dépit de ce que peuvent dire les autres, faire ce que j’ai envie de faire, au moment où j’en ai envie, c’est ça qui m’intéresse. Et puis surtout l’idée de vivre vite. Je sais que je n’ai pas beaucoup de temps et la vie ne m’intéresse pas si je ne fais pas cent mille choses en même temps.

Comment expliquez-vous le succès de « la marque Patrick Sébastien » ?

Tout ça correspond à un phénomène de société. Ce n’est pas par hasard si mes chansons – méprisées par les élites, ne passant jamais à la radio – se retrouvent néanmoins partout en France. Tout est tellement gris, tendu, les gens ont besoin de décompresser. J’appartiens à une époque différente. C’est ce que j’ai écrit dans mon bouquin : « À notre époque, peut-être qu’on était malheureux, mais on ne le savait pas. » J’ai un peu la nostalgie de ça, effectivement, et j’essaye de le rattraper en communicant aux gens l’idée du partage, de l’amour, de la bonne humeur… En tout cas, c’est ma psychanalyse à moi. Ça me permet de mieux vivre les drames, les deuils, les épreuves…

D'où cette idée de créer Les Années bonheur, en 2006 ?

Les Années bonheur, c’est se battre contre les a priori. On mélange aussi bien John Miles, Frédéric François, que Tal ou Christophe Maé. On mélange toutes les générations, sans jugement. Si tu regardes la télé aujourd’hui, c’est beaucoup de concours : concours de danseurs, de pâtissiers, de chanteurs,… ça veut dire sournoisement : « Si vous n’êtes pas le premier, vous êtes une merde », alors que dans la vie, ce n’est pas ça. Tu peux très bien être le deuxième et exister. C’est contre ces idées que je me bats. J’ai un public très fidèle et je pense qu’il est sensible à ça.

Votre public a-t-il changé ?

Je ne cherche pas forcément à séduire un nouveau public, je cherche avant tout à ne pas décevoir le mien. Parce que pour Le Cabaret et Les Années bonheur, quelle que soit la programmation des autres chaînes, j’ai une base de trois millions de personnes qui regardent. On a toutes les concurrences du monde et peu de relais médiatiques. En attendant, le record d’audience en France – hormis les finales de football – c’est moi qui l’ai fait avec 18 millions de personnes pour Le Grand Bluff, en 1992.
Je suis très perfectionniste, pas une image, pas une émission ne sort de ma boîte de prod (Magic TV, ndlr), sans que j’aie tout vérifié. C’est la devise de ma boîte : « Si on réussit, c’est grâce à tout le monde, si on se plante, c’est ma faute. »

Mais ces dernières années, de plus en plus de jeunes viennent vous voir...

Oui, c’est vrai, j’ai un public de plus en plus jeune – en partie grâce à Cyril Hanouna qui m’a relancé. Mais même au-delà de ça, il existe deux cas de figure. Le Cabaret a commencé il y a dix-sept ans, les mômes qui, aujourd’hui, ont 30 ans étaient obligés de rester à la maison et de regarder l’émission. L’autre pan, c’est une génération de gamins, d’étudiants qui en ont marre de s’entendre dire que la vie est dure, que rien n’est possible et qui ont juste envie de s’éclater sans se poser de questions. Je chantais cet été dans un festival pop-rock, avec Stromae, Placebo : deux fois 4 000 personnes complètement déchaînées, à faire des pogos comme dans les concerts de métal (rires).

Mais toujours dans une ambiance bon enfant. Vous avez des comptes sur les réseaux sociaux. C'est devenu une obligation ?

Je déteste le net. Je l’adore comme moteur de recherche, bien sûr, mais pas plus. Les réseaux sociaux, quelqu’un s’en occupe pour moi. Je les ai juste créés pour rectifier les conneries qu’on dit sur moi. Il y a deux ans, on me disait converti à l’islam ; au mois de juillet dernier, j’étais mort. Il faut quand même que j’écrive que ce n’est pas vrai ! (rires) Ce que je n’aime pas, c’est la délation, le mec qui se planque derrière un pseudo pour balancer, c’est le niveau bas de l’âme humaine. Quand je dis des conneries, au moins je les dis en face. Forcément, sur deux heures, j’en dis. C’est moi qui monte les émissions. Mais quand je vois que j’ai dit une connerie, je ne l’enlève pas, je la laisse. Et, finalement, ce n’est pas une mauvaise méthode puisque cela fait quarante ans que ça dure ! (rires)

Vous êtes né à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze. Qu'est-ce que le tempérament corrézien ?

C’est un département dans lequel on a des racines, on a été élevés à la dure, dans le travail, dans la solidarité. Ce n’est pas par hasard si on a eu deux présidents qui viennent de là-bas. Je pense que [François] Hollande, qui est mon ami – et j’en ai parlé avec lui – il aurait pas fait vingt ans en Corrèze, il aurait jamais été président. C’est important de toucher le cul des vaches. C’est surtout important, dans ce monde d’apparence – j’avais eu cette conversation avec [Jacques] Chirac –, de passer pour des grands cons sympathiques, parce qu’on ne se méfie pas d’eux. C’est une loi des maquignons. Mon père maquignon, m’avait dit : « Celui qui prend l’autre pour un con a perdu. » Il y a dix ans, je suis rentré chez ma femme et j’lui ai dit : « Ce mec-là va être président de la République » (François Hollande, ndlr). Je dois être un des seuls. Elle m’a éclaté de rire au nez. C’est un mec intègre, honnête. C’est une chance d’avoir un mec comme ça. Après, le dogme, ça ne va pas avec la réalité, c’est ça le problème (rires). J’ai une formule que j’utilise dans mon spectacle : « La politique, c’est passer la moitié de son temps sur les plateaux télés à expliquer ce qu’on va faire et l’autre à aller expliquer pourquoi on ne l’a pas fait. »

Propos recueillis par Sébastien Pouey, France 2

La soirée se poursuivra avec une rediffusion de l'émission Sébastien, l’imitateur caméléon, à 23:00.

Dernière modification lemardi, 21 octobre 2014 20:29
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