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Yann Moix évoque son arrivée dans “On n’est pas couché” avec Laurent Ruquier sur France 2

Yann Moix évoque son arrivée dans “On n’est pas couché” avec Laurent Ruquier sur France 2
Nouveau duo de chroniqueurs pour “On n’est pas couché” : Yann Moix remplace Aymeric Caron aux côtés de Léa Salamé. Loin des prises de position polémiques dont il a la réputation, l’écrivain prépare avec beaucoup de sérieux ce nouveau rôle, qu’il envisage comme une « véritable mission » culturelle.
Vous avez été chroniqueur d’On va s’gêner sur Europe 1 et de L’Émission pour tous sur France 2. Heureux de retrouver Laurent Ruquier ?

Ravi ! Il est, à mes yeux, une figure rare d’intellectuel populaire, qui a su engager depuis de nombreuses années une conversation fructueuse avec les Français. Il se fait croire, parce qu’il ne vient pas de Saint-Germain-des-Prés, qu’il est un simple chansonnier – ce qu’il est aussi, à sa manière –, mais il élude sa grande clarté d’esprit. Voilà un homme qui a l’intelligence de la justesse : il sait très bien fixer la frontière entre, d’un côté, ce qui deviendrait de la cuistrerie, de la pause intellectuelle et, de l’autre, ce qui tomberait dans le bavardage, dans le bruit ambiant…

Comment avez-vous réagi quand il vous a proposé de rejoindre l’équipe d’On n’est pas couché ?

D’une façon extrêmement positive et enjouée. Tous les aspects de la société sont représentés dans On n’est pas couché : la culture, l’art, le cinéma, la littérature, la politique, la polémique, etc. Autrement dit, occuper cette place de chroniqueur est une occasion unique de se forger – et non pas de se forcer à avoir – un avis sur tout, ce qui n’est ni naturel ni facile. Au contraire, ça demande beaucoup de travail, mais c’est très excitant !

L’expression consacrée veut que l’on parle de la place que vous allez occuper comme étant celle du « sniper »…

Les snipers sont des salauds embusqués derrière un mur qui tirent sur des civils innocents, femmes et enfants. Très peu pour moi !

Pour autant, vous avez la réputation d’être un polémiste qui ne mâche pas ses mots…

Vous n’imaginez pas à quel point je n’ai rien à voir avec l’image que les médias renvoient de moi. On me considère comme arrogant alors qu’il n’y a pas plus modeste ! À cause de ce que j’ai écrit, on me voit comme un prédateur sexuel, alors que je suis un grand romantique… Je pense que le vrai malentendu vient de ma profonde timidité – et disons aussi de mon sens de la répartie, que j’ai depuis au moins la classe de sixième. Quand on est timide, sur un plateau de télévision, on a vite fait de se retrouver au centre d’une arène terriblement déstabilisante, qui déforme ce que l’on est vraiment. Dans ce contexte, il m’est arrivé de parler de façon très virulente. La timidité aidant, poussé dans mes retranchements, j’en suis venu à prononcer, non pas des phrases qui me dépassaient – car je suis trop structuré pour me laisser aller à dire l’inverse de ce que je pense –, mais des mots qui correspondaient exactement à ce que mes ennemis attendaient de moi. Aujourd’hui, je viens sur le plateau d’On n’est pas couché sans la moindre agressivité ni la moindre violence.

Comment, alors, définissez vous votre participation à On n’est pas couché ?

J’envisage ce rôle comme une véritable mission – oui, je suis très naïf. Une mission qui consiste à savoir être critique si nécessaire – pour déconstruire une pensée qui me paraîtrait confuse – et élogieux quand il le faut – pour donner sa chance à une œuvre plus compliquée, par exemple. Je pars du principe que tout le monde a la même intelligence, mais sans disposer, pour des raisons sociales, économiques ou familiales, des mêmes moyens, du même temps, de la même vocation pour se cultiver. Mon but est de m’adresser, avec ma propre intelligence – qui n’est donc ni supérieure ni inférieure à celle de n’importe qui –, à l’intelligence de chaque téléspectateur pour lui donner accès à la culture ou pour faciliter cet accès. Autrement dit, je ne vais pas chercher à briller, à accumuler les citations et les références, à jouer de certaines allusions réservées aux happy few, ou à asséner de grandes opinions ex cathedra. Au contraire, je vais m’efforcer d’être le plus clair et le plus constructif possible.

Comment comptez-vous procéder ?

La meilleure façon d’être légitime, c’est de connaître à fond ses dossiers. D’où, en ce qui me concerne, un énorme travail de préparation. En prévision de la rentrée, depuis cet été, je lis beaucoup, sur beaucoup de sujets. Et, plus je lis, plus je prends conscience de ce que mes connaissances, dans tel ou tel domaine, avaient de superficiel. Il me paraît important d’être le plus pointu possible, quel que soit le sujet, dans les moindres détails, sinon la discussion a un goût d’eau tiède. Il faut resserrer les mailles du filet, affuter les arguments, pour ne pas en revenir toujours et encore aux mêmes questions et réponses. Plus mes interventions seront nourries de ce travail, plus elles pourront être ouvertes au débat et sortir des sentiers battus. Au fond, si je prépare à ce point l’émission, c’est justement pour ne pas avoir à recracher quelque chose qui aurait l’air d’être tout préparé. J’ai vu trop de chroniqueurs se contenter d’attendre le bon moment pour placer leur petit solo de guitare, leur petit instant de virtuosité rhétorique…

Comment voyez-vous votre duo avec Léa Salamé ?

Notre duo trouvera son rythme dans nos performances respectives. On gagnera un certain respect mutuel quand l’un ou l’autre se dira : « Ah, chapeau ! Là, il a vraiment posé la bonne question ! » Pour l’heure, je suis sûr d’une chose : notre complémentarité. Autant, schématiquement, les précédents duo d’On n’est pas couché était basé sur un clivage d’opinion droite/gauche. Autant, ici, il s’agit plutôt d’une opposition journaliste/écrivain. Léa Salamé est une journaliste brillantissime, d’une grande aisance, dotée de beaucoup d’humour. Mais un journaliste ne pense pas comme un écrivain et réciproquement. Disons qu’un écrivain a, par principe, plus de liberté pour exprimer son opinion. Et, fort du travail de préparation que j’évoquais, je tiens à me forger des idées très très personnelles. Prenons la laïcité ou l’islam par exemple, il est difficile de se faire sa propre idée sur des questions aussi épineuses, en se détachant de l’objectivité journalistique, de l’enquête, des faits historiques, de la doxa officielle, etc. Je me sens capable, à côté des bases journalistiques que posera Léa Salamé, de faire un peu de hors piste, de prendre des risques intellectuels.

Propos recueillis par Cyrille Latour, France 2

Dernière modification ledimanche, 20 mars 2016 19:24
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