L'histoire en quelques lignes...
Arrivé du Sénégal il y a dix ans, Samba tente de survivre à Paris grâce à des petits boulots qui ne lui rapportent presque rien. Alors qu’il vient de décrocher enfin un poste stable dans un restaurant, sa demande de titre de séjour, qui traînait depuis des années, est rejetée. Pire, il est arrêté et échoue au centre de rétention. C’est là qu’il rencontre Alice (Charlotte Gainsbourg), cadre sup en dépression après un burn-out, devenue bénévole un peu perdue au sein de la Cimade.
Tandis qu’elle découvre, médusée, l’absurdité des parcours administratifs dans laquelle se débattent les étrangers, Samba, libéré, retrouve ses galères familières. Son amitié avec Walid, alias Wilson (Tahar Rahim), joyeux combinard qui se prétend brésilien pour accroître ses chances de succès en milieu hostile, allège parfois le fardeau – mais pas toujours.
À force de lutter à contre-courant, Samba commence à perdre pied. Tandis qu’entre Alice et lui naît un lien fragile et inattendu, Walid en profite pour se rapprocher de Manu (Izïa Higelin), jeune permanente de l’association à qui on ne la fait pas…
Casting sur mesure
Quatre ans après le triomphe d’Intouchables, Olivier Nakache et Eric Toledano retrouvent le déjà starissime Omar Sy pour une comédie en demi-teinte, inspirée du livre de Delphine Coulin, Samba pour la France (Seuil, 2011).
La coréalisatrice de 17 filles (avec sa sœur Muriel) a puisé dans sa propre expérience de bénévole à la Cimade pour retracer le parcours de combattant des sans-papiers d’alors, qui paraît presque clément par rapport au sort des exilés d’aujourd’hui.
Source d’un comique rafraîchissant (qu’il s’agisse des permanences chaotiques de l’association et de son Noël super lose, ou du retour fracassant de l’ex-bénévole dans l’univers corporate), ce réalisme met en lumière la brutalité des exploitations et l’adoucit de son optimisme.
Mais s’il fait le charme doux-amer de cette fable, celle-ci emporte le morceau grâce à son craquant quatuor d’amoureux. Au premier plan, Omar Sy touche son phénoménal charisme, tandis que Charlotte Gainsbourg, à contre-emploi dans un rôle burlesque, crée la surprise.



































