“Sur le Front” : enquête sur le vin, lundi 19 septembre sur France 5 avec Hugo Clément

Mis en ligne par samedi 3 septembre 2022 1861
“Sur le Front” : enquête sur le vin, lundi 19 septembre sur France 5 avec Hugo Clément

Dans le prochain numéro de “Sur le Front”, diffusé 19 septembre à 21:00 sur France 5, Hugo Clément enquête sur le vin et part à la rencontre de vignerons.

Hélicoptères, câbles électriques chauffants, gasoil qui brûle au pied des vignes l’hiver… et en été, irrigation et crème solaire sur les feuilles ! Des viticulteurs sont prêts à tout pour sauver leur récolte après les phénomènes climatiques extrêmes de cette année.

Hugo Clément part à la rencontre de nouveaux vignerons qui s’installent en Belgique ou en haut des montagnes et ceux qui plantent de nouveaux cépages plus adaptés à notre climat.

Éditorial d'Hugo Clément

J’ai été surpris en achetant du vin de voir que certaines bouteilles que je consommais depuis longtemps étaient de plus en plus alcoolisées. Je me suis demandé pourquoi et c’est là que j’ai découvert que c’était directement lié au changement climatique.

Plus il y a du soleil, plus le raisin se gorge en sucre, plus le vin est alcoolisé. Faire baisser ce taux d’alcool, c’est même devenu l’obsession de certains viticulteurs. J’ai découvert une machine incroyable qui permet de désalcooliser le vin et qui est déjà utilisée dans un domaine viticole. Des chercheurs viennent aussi de mettre au point une levure pour faire baisser le taux d’alcoolémie. Nous avons également vu que certains trichent, soit en ajoutant de l’eau dans le vin, soit en vendant du vin plus alcoolisé que ce qui est indiqué sur l’étiquette.

Après l’été que nous avons connu, on se demande tous comment les vignerons peuvent encore faire du vin en France. Nous avons découvert que certains commencent à irriguer leurs vignes, ce qui était jusque-là un tabou dans le milieu viticole. Et nous avons même vu aux Etats-Unis, une “crème solaire” pour protéger les feuilles des vignobles. Là-bas, les viticulteurs s’équipent de camions de pompiers et d’avions bombardiers d’eau pour se protéger des incendies.
L’été, ils doivent se battre contre la sécheresse et au printemps, contre le gel.
Nous avons assisté à des scènes impressionnantes : hélicoptères, gasoil ou câbles chauffants au pied des vignes, certains viticulteurs déploient des moyens insensés, quitte à intoxiquer les voisins en pleine nuit.
Pour éviter ces techniques polluantes et démesurées, des vignerons commencent à réfléchir à de nouvelles solutions. Certains installent des bâches pour protéger le vignoble à la fin de l’hiver, d’autres partent planter dans des régions plus froide : en montagne ou en Belgique.

Nous avons rencontré des résistants remettent en cause les techniques industrielles. J’ai été fasciné de voir un exploitant qui plante désormais ses vignes en rond pour les protéger du soleil ou un pépiniériste qui cherche de vieux cépages jusqu’en Espagne pour trouver des vignes qui supportent mieux la chaleur.
Il est possible de continuer à faire du vin tout en respectant la nature.

Des séquences fortes

Méfiez-vous du degré d’alcool indiqué sur la bouteille

Les vins que l’on boit ont souvent 0,5 degré de plus d’alcool que ce qui est annoncé sur l’étiquette : c’est la tolérance légale en France et beaucoup de viticulteurs profitent de cette mansuétude pour afficher un vin moins alcoolisé qu’il ne l’est réellement.

Notre enquête montre que certains vins dépassent cette limite légale. L’un d’eux, indiqué à 12,5 degrés d’alcool, est en réalité à plus de 13,45 degrés !

C’est une conséquence directe du réchauffement climatique ; les étés sont plus chauds, il y a plus de sucre dans le raisin et donc plus d’alcool dans nos bouteilles. Tous les vignerons luttent pour fabriquer des vins les moins alcoolisés possibles pour s’adapter au goût du public.

La fin d’un tabou : on commence à irriguer les vignes

À Narbonne, les eaux usées de la ville servent désormais à irriguer les vignes. C’est une première en France ! Jusqu’à présent, il n’était pas question d’irriguer les vignes : ce sont des arbustes adaptés aux climats méditerranéens et il ne fallait pas dénaturer le goût du terroir. Le changement climatique pousse les viticulteurs à revenir sur cette tradition.

On produit désormais du vin en montagne et… en Belgique !

Nous avons suivi la plantation de nouvelles vignes en Belgique, au pays de la bière, sur un champ qui servait jusque-là de pâturage pour les vaches. Au domaine du Mont Guillaume, à 900 mètres d’altitude, on cultive aussi des vignes. Avec le réchauffement des températures, de nouvelles régions viticoles voient le jour.

Hélicoptères, gasoil brûlé dans les vignobles, câbles électriques chauffants… tout est bon pour lutter contre le gel

Les vignes bourgeonnent de plus en plus tôt dans l’année et, désormais, le gel de printemps met en danger les récoltes. Certains domaines dépensent des fortunes et déploient des techniques ahurissantes pour sauver leurs raisins naissants. À tel point que les voisins se plaignent de gênes respiratoires à cause des fumées qui s’échappent des exploitations.

Nous allons chercher, en Espagne, des cépages plus résistants à la sécheresse

Les merlots résistent de moins en moins bien au changement climatique. Un pépiniériste a décidé de chercher de nouveaux plants de vignes mieux adaptés. Il va jusqu’en Espagne pour importer en France des vignes plus résistantes à la chaleur.

D’anciens hélicoptères de l’armée américaine pour sauver les vignobles de Californie

Après une première vie en Irak et en Afghanistan, les hélicoptères Black Hawk sont transformés en bombardiers d’eau. Des viticulteurs n’ont pas hésité à dépenser plusieurs millions de dollars pour l’acquérir : ils peuvent éteindre rapidement les départs de feu car ils peuvent voler de nuit.

Dernière modification le samedi, 03 septembre 2022 12:45
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