Mme Bodchon, concierge parisienne dans le Xᵉ arrondissement, pleine de vie et au caractère bien trempé, part à la retraite dans quelques semaines. Sa loge va être transformée en local à poubelle.
Après quarante-quatre ans de vie dans cet immeuble, la décision du syndic tombe comme un couperet. Et Mme Bodchon ne sait pas où aller.
Note d'intention de Neige Pointet
J’ai emménagé à Paris en 2020, après être tombée amoureuse du Xᵉ arrondissement, ce quartier côté un peu artiste, un peu bohème, et ses cafés à 5,50 euros.
Le jour de mon installation dans un joli immeuble haussmannien – avec sa grande entrée impeccable, sa jolie courette ornée de plantes vertes, son tapis rouge glissant sur les marches le long d’une belle rampe en bois qui tournoie –, je rencontre Mme Bodchon.
J’ai été happée par son énergie, son humour et la singularité de sa présence, toujours fidèle à son poste installé sur son fauteuil dans sa loge et guettant les allers et venues à travers le rideau relevé de sa porte. Derrière son rire, j’ai découvert une femme seule, à la veille d’un basculement brutal : celui de la retraite, et peut-être de la perte de son logement.
J’ai voulu filmer Pascale au plus près, dans sa loge, ce minuscule espace d’à peine 15 mètres carrés dans lequel elle vit, travaille, observe, depuis quarante-quatre ans. Et qu’elle ne pourra pas garder pour y finir sa vie, car sa loge sera transformée en local à poubelle.
Ma présence est assumée : Mme Bodchon me parle comme à une confidente. Cette relation que je tisse avec elle invite le spectateur à partager cette proximité. À travers Pascale, je veux interroger notre rapport aux plus vulnérables, à nos « vieux » et à celles et ceux que la société rend invisibles. Car derrière cette trajectoire singulière, c’est une certaine idée de la solidarité et de l’humanité qui se joue.
































