"La religieuse" à revoir sur ARTE mercredi 25 janvier 2023 (vidéo)

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"La religieuse" à revoir sur ARTE mercredi 25 janvier 2023 (vidéo)

Le calvaire de Suzanne, contrainte d'entrer dans les ordres. Par Guillaume Nicloux, une relecture incandescente du brûlot anticlérical de Diderot, avec Pauline Étienne et Isabelle Huppert à voir ou à revoir sur ARTE mercredi 25 janvier 2023 à 20:55.

L'histoire en quelques lignes...

Ruinés par les mariages de leurs aînées, les parents de Suzanne l'incitent à prendre le voile. Pressée de toutes parts, l'adolescente, de surcroît enfant illégitime, prononce ses vœux la mort dans l'âme. Son chagrin désespère la mère supérieure, la douce et légèrement manipulatrice Mme de Moni, bientôt retrouvée morte – un suicide que chacun préfère étouffer.

Toujours réfractaire à la vie monastique, Suzanne se retrouve sous la coupe de la sœur Christine, décidée à la faire plier par toutes sortes de brimades. La jeune fille trouve la force de contacter clandestinement un avocat, afin qu'il l'aide à recouvrer la liberté. Mais, transférée dans un autre couvent, elle affronte le harcèlement de l'abbesse, qui la poursuit de ses ardeurs.

Esprit de révolte

Après celle, censurée et interdite en son temps, de Jacques Rivette (1955), avec Anna Karina, Guillaume Nicloux propose à son tour une adaptation incandescente, servie par une belle distribution, de La religieuse de Diderot.

Les mères supérieures, brillamment jouées par Françoise Lebrun, Louise Bourgoin et Isabelle Huppert, offrent chacune un visage différent à la sujétion religieuse : culpabilisant, sadique et libidineux.

Mais le film ne fustige pas la foi et vise les excès commis en son nom. De cette "effrayante satire des couvents", selon les mots de l'auteur des Lumières, le cinéaste donne, en dépit du langage châtié de ses jeunes nonnes, une relecture actuelle, qui résonne avec la résurgence de l'intégrisme religieux et la domination qui continue de s'exercer sur les femmes.

À travers la frimousse rebelle et chiffonnée de Suzanne, splendidement incarnée par Pauline Étienne (Le bel âge, Le Bureau des légendes), comme à travers les jeunes visages de ses camarades, filmés sans maquillage, en lumière naturelle, passent une ardente dénonciation de l'oppression, l'enfermement et l'abus des jeunes filles, ainsi qu'une ode à l'esprit de révolte.

Publié dans Cinéma, Mercredi
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