"Moi, Tonya" : le bopic sur le parcours de Tonya Harding diffusé sur ARTE mercredi 10 juillet 2024 (vidéo)

Mis en ligne par Jean-Marc VERDREL lundi 8 juillet 2024 1004
"Moi, Tonya" : le bopic sur le parcours de Tonya Harding diffusé sur ARTE mercredi 10 juillet 2024 (vidéo)

Le destin de la patineuse américaine Tonya Harding, dont la gloire sur la glace se fracassa après l’agression par ses proches de sa rivale, Nancy Kerrigan. Entre faux documentaire et comédie noire, l’échec d’un rêve américain lesté par la malédiction sociale à découvrir sur ARTE mercredi 10 juillet 2024 à 20:55.

L'histoire en quelques lignes...

Traînée dès ses 3 ans à la patinoire par une mère alcoolique et toxique, Tonya y révèle un talent hors norme. L’enfant slalome alors entre les exploits, qui la propulsent vers une gloire olympique annoncée, et les coups de sa mère, qui l’enfoncent dans la détresse et la misère.

En marge des codes de l’élite sportive, la patineuse surdouée, dont les tenues tapageuses tournées en dérision et le choix des musiques (ZZ Top notamment) éclipsent parfois les performances, lutte pour vaincre autant que pour survivre. Si elle échappe à l’emprise maternelle, c’est pour retomber, auprès de son mari Jeff, dans le cycle infernal de la violence.

La première Américaine à réussir un triple axel en compétition, médaille d’argent aux Championnats du monde en 1991, voit sa carrière brisée à la veille des Jeux olympiques de Lillehammer, trois ans plus tard : lors d’un entraînement, des pieds nickelés appartenant à son désastreux entourage agressent sa rivale, Nancy Kerrigan, et la blessent au genou.

Faux documentaire

C’est l’histoire d’une paria du sport, une intruse tolérée pour ses prouesses mais aussi méprisée pour ses origines. Instrument de la revanche sociale d’un monstre de mère, LaVona, qui lui inflige au quotidien la rage amère de ses frustrations, Tonya cherche sa place sur la glace, via la voie étroite de la résilience.

S’inspirant au plus près de son parcours, Craig Gillespie réalise un troublant biopic sur cette athlète en reconstituant, façon faux documentaire, de vrais interviews de ses protagonistes : la mère redoutable, incarnée par une formidable Allison Janney, oscarisée pour le rôle ; le mari ambivalent, entre soutien et maltraitance ; et l’improbable garde du corps, loser obèse s’inventant, du fond d’un canapé, une carrière dans les renseignements, et qui précipitera la chute de Tonya.

Sur le ton de la comédie noire, le film met en scène ces laissés-pour-compte, éblouis par le rêve américain et lestés par la malédiction sociale. À l’époque de son éphémère célébrité, le monde s’était glosé de la championne aux cheveux jaunes décolorés, soupçonnée d’avoir pathétiquement commandité une agression pour éliminer la brune et plus chic Nancy Kerrigan.

Moi, Tonya a le mérite d’éclairer l’affaire de l’intérieur en dessinant le portrait attachant d’une battante battue, à laquelle Margot Robbie sait insuffler un mélange d’énergie agressive et de vulnérabilité.

Dernière modification le lundi, 08 juillet 2024 11:49
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Publié dans Cinéma, Mercredi
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