"Douleur et gloire" de Pedro Almodóvar à revoir sur Arte mercredi 6 mai 2026 (vidéo)

jean marc.verdrel Par Jean-Marc VERDREL | Rédacteur, expert de la TV
Publié lundi 4 mai 2026 289
"Douleur et gloire" de Pedro Almodóvar à revoir sur Arte mercredi 6 mai 2026 (vidéo)

Mal en point et solitaire, un cinéaste décide de renouer avec son passé. L’autoportrait poignant et stylisé d’Almodóvar, qui valut à son alter ego Antonio Banderas un prix d’interprétation à Cannes, à revoir sur Arte mercredi 6 mai 2026 à 21:00.

L'histoire en quelques lignes...

Incapable de tourner en raison de migraines, lombalgies, étouffements ou acouphènes, Salvador, un cinéaste en vue, se cloître chez lui et se remémore sa jeunesse : sa vie pauvre au village dans une habitation troglodytique, avec pour seul horizon social l’entrée au séminaire. Il repense à ses relations orageuses et tendres avec Jacinta, sa mère, et à son premier désir pour Eduardo, le maçon analphabète qui les aidait à retaper leur masure.

À l’occasion de la restauration par la cinémathèque de Savor, un chef-d’œuvre de jeunesse, il tente, après une brouille de trente-deux ans, une réconciliation avec Alberto, la vedette héroïnomane du film. À son contact, il entre dans une spirale de dépendance aux opiacés…

Alchimie

Confession retorse d’un homme de cinéma, cet autoportrait repose, tel un splendide concerto, sur trois mouvements : vérité nue, brouillage des pistes et incarnation. Pedro Almodóvar revient sur sa jeunesse, ses amours tragiques, son rapport torturé au corps et celui, non moins malaisé, et passionné, à sa mère. Il ne s’épargne pas, se portraiturant en cinéaste renfermé, oisif, solitaire et perclus de douleurs, embaumé dans un appartement inspiré du sien, à la fois artistement décoré et d’une froideur mortifère. Une mise à nu tempérée par divers prismes artistiques.

Passés au tamis de la création, les aveux de Pedro/Salvador se muent en monologue théâtral ou en littérature. Les souvenirs d’enfance deviennent une scène de film au décor étudié. Tandis qu’Antonio Banderas joue le rôle d’Almodóvar, un autre acteur, Asier Etxeandia, interprète le sien.

Marqué dans sa chair par une crise cardiaque, Banderas livre une prestation magistrale, nourrie de sa vulnérabilité nouvelle, d’un physique toujours avantageux mais moins alerte, qu’il livre avec confiance à la caméra, contenant l’émotion (suivant ainsi l’injonction de Pedro/Salvador : "Tu dois fuir tout sentimentalisme !"), et la laissant déborder au moment opportun.

Après un froid de vingt ans, Banderas et Almodóvar s’étaient retrouvés pour tourner La piel que habito. Ce second film parachève leur réconciliation cinématographique en fusionnant leurs personnalités. Jamais l’alchimie entre eux n’a été si forte, au point qu’on ne sait plus lequel des deux imite l’autre.

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Publié dans Cinéma, Mercredi
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