L'histoire en quelques lignes...
Ancienne danseuse, Alma est devenue grande bourgeoise en épousant un chirurgien bordelais expert en placements financiers. Depuis que celui-ci est en prison, elle se cogne aux murs de leur belle demeure remplie de tableaux.
Alors que, comme chaque semaine, elle attend au parloir pour lui rendre visite, une jeune femme laisse éclater sa colère au guichet : venue de Narbonne pour son conjoint, elle s'est trompée de jour et refuse de repartir sans l'avoir vu. La recroisant un peu plus tard, Alma l'invite à dîner. Mina lui raconte son combat pour tenir la tête hors de l'eau et conjuguer son emploi dans un pressing, ses allers-retours épuisants en train et le soin de ses deux enfants depuis que leur père est tombé pour un vol de bijoux.
Une complicité naît entre ces deux "codétenues" si dissemblables, chacune étouffant dans son monde…
Sur le fil
Qui, de Mina ou d'Alma, est la prisonnière du titre ? L'amitié et la sororité, peuvent-elles abolir les barrières sociales ? Est-il possible de s’aider, de s’aimer, quand on vit sur deux planètes différentes, fût-ce en cohabitant ?
Vingt-cinq ans après Saint-Cyr, la cinéaste Patricia Mazuy retrouve Isabelle Huppert pour orchestrer son premier face-à-face avec Hafsia Herzi. Dans ce duo de grandes actrices sur le fil, entre légèreté et abîme, la cinéaste elle-même semble s'offrir une échappée loin de ses marques.
Sans renoncer à son acuité pour peindre la dureté des rapports de classe, ni à son art du portrait, en particulier quand il s'agit de regarder vivre et lutter des femmes, elle leur offre l'apesanteur d'une fable pour déjouer en douceur les idées reçues.

































