L'histoire en quelques lignes...
Justine se marie en grande pompe. Mais Michael et elle arrivent en retard à la réception, au grand dam de Claire, sa sœur, qui a tout organisé.
Pendant le dîner, le père des deux filles boit trop tandis que leur mère clame haut et fort son mépris du mariage. Le regard de Justine se trouble. La jeune femme cherche de plus en plus à échapper aux festivités, jusqu'à tout faire capoter.
En proie à un intense mal-être, elle est fascinée par une étoile de la constellation du Scorpion, qui semble se rapprocher de la Terre.
Splendide écrin
Par-delà les propos polémiques de Lars von Trier – déclaré persona non grata sur la Croisette après avoir plaisanté sur sa sympathie pour Hitler lors de la conférence de presse –, ce film d'apocalypse apparaît comme l'une de ses œuvres les plus éblouissantes.
Étonnant diptyque, le scénario accole un mariage surdimensionné qui s'effondre comme une cascade de meringues, bousculé caméra à l'épaule, et une partie plus hiératique contant l'écrasante dépression de Justine, réfugiée chez sa sœur, tandis que la planète Melancholia avance inexorablement vers la Terre. La surprise vient aussi du contraste entre le réalisme des sujets abordés (la souffrance psychique, la disparition de notre monde) et le splendide écrin dans lequel le cinéaste danois les enchâsse.
Préambule envoûtant en forme d'ouverture d'opéra, références viscontiennes, plans inspirés des tableaux de Dürer... : le film se dirige vers la déflagration finale avec la même élégance que son héroïne, étonnamment de plus en plus maîtresse d'elle-même face à un désastre qui reflète son état intérieur. Soutenu par deux actrices époustouflantes – Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst, qui n'a pas volé son prix d'interprétation –, Lars von Trier, pour une fois, donne le beau rôle aux femmes, face à des hommes inconsistants.
Avec : Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, Alexander Skarsgard, Stellan Skarsgard.

































