“1939, la France entre en guerre” : en septembre à 21h00 sur France 3

Mis en ligne par lundi 15 juillet 2019 1147
“1939, la France entre en guerre” : en septembre à 21h00 sur France 3

Ce film, qui sera diffusé en septembre sur France 3, revient sur un traumatisme français : l’effondrement de 1940 face à Hitler, en quelques semaines seulement, à l’issue de neuf longs mois d’un face à face entre la France et l’Allemagne. Que s’est-il vraiment passé pendant ces mois de la « drôle de guerre » ? Cette page de l’Histoire de France reste une blessure indélébile, un événement tabou, que ce film éclaire d’un jour nouveau.

A la fin de l’été 1939, à leur retour de vacances, les Français apprennent qu’Adolf Hitler a attaqué la Pologne. Le 3 septembre, la France entre en guerre, vingt ans après l’hécatombe de 14-18. Certes, la France est réputée être la première puissance militaire mondiale et elle dispose d’un immense empire et d’un puissant allié, le Royaume Uni, mais chacun est saisi de vertige. Pourtant les combats ne débuteront qu'en mai 1940.

Ce documentaire d’Antoine Vitkine raconte, à hauteur d’homme, comment les Français ont vécu ces mois parmi les plus décisifs et les plus sombres de l’Histoire de France. De l’entrée en guerre, le 3 septembre 1939, à la défaite en juin 1940, au moyen d’archives exceptionnelles, en couleur, et parfois jamais vues, il raconte comment les Français ont fait face à l’Allemagne nazie. Qu’ont-ils éprouvé, pensé, voulu, espéré ? Pourquoi ont-ils perdu en quelques semaines une guerre qu’ils pensaient avoir les moyens de gagner et qu'ils avaient préparé tout au long des mois précédents ?

Mêlant des histoires individuelles et la grande Histoire, ce documentaire s’appuie sur les témoignages de Français, célèbres ou non, de toutes origines, de tous milieux, comme De Gaulle, Gamelin ou Laval. Il retrace également le destin de quelques personnages dans la tourmente: une femme qui a promis à un soldat de l’épouser s’il revenait vivant, le chef des services secrets qui écrit jour après jour à sa femme, un dandy parisien, un couple d’ouvriers, un jeune pacifiste mobilisé contre son gré, une fillette dont le père est au front. Ce film raconte la vie bouleversée des familles, interroge les états d’âmes, relate le quotidien de cinq millions de Français mobilisés, pénètre dans les coulisses des décisions politiques et militaires dont dépendent le sort du pays.

A travers la vie des Français et de leurs dirigeants, ce film relate les différentes phases de ces mois bien plus riches en événements, bien plus denses que les idées reçues ne le laissent penser : l’électrochoc de la déclaration de guerre, l’unité nationale retrouvée avec l’annonce du conflit, l’intense planification stratégique, les premières opérations militaires, dès le mois de septembre, l’effort considérable de réarmement pour se mettre au niveau de l’Allemagne, l’attente à l’arrière et la vie quotidienne, les doutes, la peur de la « cinquième colonne », le terrible hiver 1939, la débâcle de 1940 malgré une armée qui s’est bien mieux battue qu’on ne l’a longtemps prétendu.

Ce documentaire nous éclaire, au plus près des hommes, sur les raisons d’une défaite dont la France ne s’est jamais remise.

Note d'intention du réalisateur :

« L’esprit de jouissance » l’aurait emporté sur « l’esprit de sacrifice » dira le maréchal Pétain, imposant l’idée que les Français n’avaient pas voulu se battre et avaient préféré les congés payés à la victoire. De Gaulle aussi, voulant incarner l’esprit de la résistance, contribua à stigmatiser l’ensemble des élites militaires et politique de la IIIeme République. Dans l’imaginaire collectif, s’est imposée l’idée d’une nation qui aurait préféré la paix, souhaité à tout prix éviter de revivre la boucherie de 14-18. En bref, le pays serait entré en guerre « à reculons » : contrairement à leurs aînés de 1914, les soldats de 1939 n’auraient pas voulu se battre et leurs chefs auraient décider d’attendre, derrière la ligne Maginot. L’arrière ne se serait pas mobilisé en faveur de l’effort de guerre, s’efforçant de vivre comme en temps de paix malgré le conflit déclenché avec l’Allemagne. Les dirigeants français auraient failli, adoptant une stratégie attentiste inadaptée à la guerre moderne, là où Hitler se serait révélé un brillant stratège militaire.
Mais cela s’est-il vraiment passé comme cela ? Que s’est-il au juste déroulé après la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne nazie, le 3 septembre 1939 ?

La « drôle de guerre », ces neuf mois qui précèdent la débâcle du printemps 1940, est une période plus complexe qu’il n’y parait. En s’appuyant sur les recherches historiographiques les plus récentes, ce film s’efforce de rétablir la réalité de cette « drôle de guerre », finalement assez méconnue. En réalité dans cette période étrange, se trouvent les clefs, les causes, les raisons, les prologues de la catastrophe à venir. Tout se joue en neufs mois, toute la suite y est inscrite : l’esprit de défaite comme celui du combat, l’esprit de la collaboration comme celui de la résistance.

Raconter cette histoire « en haut » et « en bas » fait sens : ces deux sphères communiquent et interagissent. Les décisions du pouvoir ont des effets sur l’ensemble de la population. En retour, cette dernière tente de comprendre ce qui se joue « en haut » et comment cela va affecter sa vie. Et les dirigeants savent parfaitement que l’état d’esprit des Français est une donnée fondamentale : ils l’entretiennent par la propagande omniprésente, au risque de donner une image biaisée de la réalité et la police sonde, rapports après rapports, le moral de la population à travers tout le pays.

Tout en racontant les lâchetés, les compromissions et les erreurs, ce film donnera une vision de la « drôle de guerre » loin des idées reçues. En effet, les Français n’étaient pas, dans leur immense majorité, des pacifistes naïfs – en tout cas plus depuis le début de l’année 1939. Les chefs militaires se sont probablement trompés de stratégie, mais ils en avaient bien une, et qui ne se résumait pas à attendre confortablement derrière la ligne Maginot. L’attente, elle-même, interminable, fut dure et parfois sanglante. En 1940, les soldats français se sont battus, parfois comme des lions, au prix de 60 000 morts, mais leur guerre fut éclipsée par la victoire allemande. Bref, la réalité est éloignée des films de propagande de l’époque – soldats jouant à la belotte, chansonniers en tournée dans les casernes – destinés à entretenir le moral d’un pays qui se préparait à l’épreuve.