« Des médecins dans la Résistance », document “Infrarouge” mardi 9 juin sur France 5

Mis en ligne par dimanche 7 juin 2020 1034
« Des médecins dans la Résistance », document “Infrarouge” mardi 9 juin sur France 5

A découvrir mardi 9 juin à 23:35 sur France 2, « Des médecins dans la Résistance », un document “Infrarouge” signé Michel Cymes et Cécile Tartakovsky.

En 1940, rien ne prédestine le corps médical français à entrer en Résistance. Le médecin est plutôt de droite, voire même d'extrême droite et sa sympathie se porte naturellement vers la figure du Maréchal Pétain.

Résumé du film

Mais bien que ce dernier fasse la quasi-unanimité au sein du milieu médical, des voix discordantes se font rapidement entendre. Parmi elles, celle de Louis Pasteur Vallery-Radot, le petit-fils de Louis Pasteur. Ce grand patron des hôpitaux parisiens sera l'un des premiers à exprimer à voix haute son désaccord avec le régime en place.

Il sera suivi par Robert Debré, alors chef de service à l'Hôpital des Enfants Malades à Paris. Pédiatre de renom, il n'en reste pas moins fils de rabbin aux yeux du régime et sera directement visé par sa politique d'exclusion. L'un de ses petits-fils, Patrice Debré, relate l'histoire de son grand-père, sa résistance au travers de ses journaux intimes récemment retrouvés et restés intacts depuis la guerre.

Colette Brull-Ulmann vient de fêter ses 100 ans. En juin 1940, jeune étudiante en médecine, elle rêve de devenir pédiatre. Mais sa judéité l'en empêche et dévie sa trajectoire vers l'hôpital Rothschild. Elle entre alors, sans le savoir vraiment, en résistance avec d'autres médecins, sous l'impulsion d'une assistante sociale, Claire Heyman, qui risquera sa vie pour sauver des centaines d'autres de la déportation. Des femmes, des hommes, mais surtout, des enfants.

Jeannette Wolgust a 12 ans en 1942 lorsqu’elle échappe de peu à la rafle du Vel d'Hiv. Elle connaît la fuite, la peur, la séparation d'avec ses parents, les caches, et puis Nice, où elle rencontre Odette Rosenstock, la femme médecin à qui elle doit d’être vivante aujourd’hui.

Le film entremêle témoignages rares, éclairages historiques, et archives personnelles et nous donne à voir et à entendre des personnes qui nous racontent avec humilité leur résistance au sein d'une profession que rien ne prédestinait à cela.

Au fil du récit, nous comprenons les raisons qui ont poussé ces hommes et ces femmes à désobéir, et comment chacun des soins qu'ils prodiguèrent, ou reçurent, sont aujourd'hui considérés comme des actes de Résistance à part entière.

Hommes, femmes, médecins, internes ou infirmières, ils placèrent le Serment d'Hippocrate au-dessus de leur vie. Et certains d'entre eux, sont encore là aujourd'hui pour nous le raconter.

Note d’intention de la réalisatrice : Cécile Tartakovsky

Si nous souhaitons aujourd’hui dédier un film documentaire aux médecins résistants sous l’Occupation, c’est d’abord et surtout pour réaliser un travail d’historien qui n’a jamais été fait sur un corps social disparate mais qui mérite par son implication dans la Résistance que l’on s’y intéresse.

La Résistance médicale tire sa singularité du caractère individuel et solitaire qu’elle revêt dans ses premières manifestations. Car c’est d’abord dans l’intimité de leurs cabinets que les médecins résistent. Seuls, en leur âme et conscience. Avec leur science et le soin comme seules armes.

Les grandes figures de médecins, ainsi que les personnalités anonymes que cette histoire entremêle permettent de dresser des portraits d’hommes et de femmes héroïques dont les actes médicaux, même les plus simples, constituèrent avant l’heure des actes de résistance. Solitaires. Non armés. Mais vitaux.

Dernière modification le dimanche, 07 juin 2020 13:56