« Omar Sharif, une vie de nomade », dimanche 31 janvier sur ARTE

Mis en ligne par vendredi 29 janvier 2021 1199
« Omar Sharif, une vie de nomade », dimanche 31 janvier sur ARTE

À travers le témoignage de ses proches, ARTE vous propose dimanche 31 janvier à 23:10, un portrait attachant d’Omar Sharif, prince acteur, "oriental lover" et joueur invétéré, dont les rôles fiévreux au cinéma hantent les mémoires.

Pendant près d’un demi-siècle, son beau visage a incarné le monde arabe sur les écrans internationaux. Né Michel Chalhoub en 1932 à Alexandrie, dans une famille catholique aisée – son père est un prospère marchand de bois, sa mère joue aux cartes avec le roi Farouk –, Omar Sharif, fils unique et polyglotte éduqué au très British Victoria College, arpente précocement les planches, porté par son goût pour la littérature française.

À une époque où le cinéma égyptien domine le marché oriental, c’est Youssef Chahine qui le révèle avec Ciel d’enfer, où il compose avec l’idole Faten Hamama, qu’il épouse après s’être converti à l’islam, un couple glamour de légende.

David Lean, cependant, l’éloigne de la femme de sa vie quand il l’installe au firmament hollywoodien, en 1962, avec Lawrence d’Arabie, où son regard de braise rivalise avec celui bleu glacier de Peter O’Toole. Dès lors, l’"oriental lover" joue l’"étranger de service" pour les studios, tour à tour argentin (Che !), allemand (La nuit des généraux) et surtout russe dans Le docteur Jivago, encore du maître Lean.

Star mondialisée ? L’acteur séducteur est même accusé de collaborer avec Israël pendant la guerre des Six Jours, quand il embrasse, devant et derrière la caméra, la Funny Girl Barbra Streisand. Mais sa réputation de joueur invétéré, du bridge au casino en passant par les champs de courses, le tient bientôt à l’écart des plateaux, le comédien enchaînant des nanars, au déclin des années 1970, par seule nécessité de se renflouer.

Au crépuscule de sa vie, ce seigneur ruiné connaît pourtant une douce résurrection avec Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de François Dupeyron, où il bouleverse en épicier arabe adoptant un adolescent juif, rôle œcuménique sur mesure qui lui vaut un César.

Dandy d’Alexandrie

D’Alexandrie à Hollywood en passant par Paris et Deauville, ce documentaire, nourri des témoignages de ses proches, dont son fils, son petit-fils ou encore Andréa Ferréol, qui se souvient de ses fameux dîners, brosse le portrait attachant d’un acteur raffiné, star internationale et vrai "citoyen du monde", comme il aimait à se définir, qui s’est pourtant toujours accroché à sa nationalité égyptienne.

Éternel nomade, ne vivant qu’à l’hôtel et consumant sa vie en dandy, Omar Sharif se réjouira d’assister, avant sa sortie de scène définitive en 2015, à la révolution de la place Tahrir. Comme échappée d’un film de Youssef Chahine, une figure follement romanesque, qui avouait, l’œil pétillant : "Je crois que je fais du cinéma seulement en amateur."

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