« Murdoch, le grand manipulateur des médias », mardi 16 février sur ARTE (vidéo)

Mis en ligne par dimanche 14 février 2021 614
« Murdoch, le grand manipulateur des médias », mardi 16 février sur ARTE (vidéo) © Indigo / Getty Images

Mardi 16 février à 20:50, ARTE vous propose de découvrir une effarante immersion dans l'influent empire médiatique dirigé d'une main de fer par Rupert Murdoch, qui a contribué (entre autres) au triomphe de Trump et du Brexit.

En 1995, Rupert Murdoch, 64 ans, songe à laisser les rênes de son empire médiatique à l'un de ses enfants. Charismatique, intelligente, sa fille Elisabeth semble la mieux placée. Mais ses frères, Lachlan, le bon élève, et James, le trublion, sont aussi en lice.

Le magnat australien, qui n'a fait qu'une bouchée des médias britanniques avec la bénédiction thatchérienne, veut peser sur la nomination du prochain Premier ministre. Quel candidat soutenir ? Le sortant et conservateur John Major, qui refuse d'infléchir sa politique européenne pour lui complaire ? Ou le nouveau venu Tony Blair qui, créant des remous au sein des travaillistes, lui fait un numéro de charme ?

Pourtant à droite, Murdoch opte pour le candidat de l'opposition, certes en plein virage libéral. Mais durant la campagne peu reluisante qui suit, il monnaye son appui en exigeant de Blair la promesse d'un référendum en cas de projet d’union monétaire avec l’Europe. Enfin, le patriarche sidère ses enfants en annonçant qu'il épouse Wendi Deng, une Chinoise de trente-sept ans sa cadette.

Peu séduit par le gouvernement de Gordon Brown, Murdoch se laisse approcher par le jeune David Cameron. Alors que sa fille – amoureuse d'un descendant de Sigmund Freud ! – prend ses distances, son fils James, assagi, prend du galon au sein du groupe.

Mais un scandale éclate en 2009 : l'affaire du phone hacking, révélée par le journaliste Nick Davies. On découvre que les "limiers" du tabloïd News of the World piratent les téléphones de centaines de célébrités, hauts responsables ou simples citoyens, pour faire les gros titres ou exercer des pressions politiques. Cette déflagration n'entraîne aucune poursuite. Mais Murdoch a réussi à coaliser contre lui un noyau d'irréductibles. Outre Nick Davies, deux personnalités malmenées par les tabloïds se manifestent : l'acteur Hugh Grant et le milliardaire Max Mosley. Quant au mariage avec Wendi, il bat de l'aile…

Plaidoyer antitrust

Le Brexit, la présidence Trump, le climatoscepticisme… : autant de tempêtes que Murdoch et ses titres aux ordres ont contribué à faire advenir.

Coproduite par la BBC, cette série documentaire décortique les rouages de l’empire Murdoch et raconte l'ascension de son fondateur, parvenu à concentrer en toute impunité une multiplicité de médias telle qu'il occupe une situation de monopole en Australie et fait la pluie et le beau temps en Angleterre. Quant à sa chaîne Fox News, aux États-Unis, elle "ne se contente pas de prendre la température du pays, mais la fait monter", résume Jane Mayer, journaliste au New Yorker.

Portrait d’une machine de guerre aux multiples facettes, verrouillée par un chef d’orchestre retors, comme en témoignent le feuilleton de sa succession et ses rebondissements aussi effarants que savoureux, avec un Tony Blair jouant les briseurs de ménage. Des infographies décortiquent l'enchevêtrement malsain de connivences et d'idylles entre les sphères politiques et médiatiques britanniques. Véritable plaidoyer antitrust, cette incursion au cœur de médias dévoyés jouant de méthodes mafieuses s'appuie sur de multiples images d'actualité et témoignages : ceux des politiciens d'extrême droite Nigel Farage ou Steve Bannon, de célébrités comme le comédien Hugh Grant, d'anciens paparazzis ou rédacteurs en chef de tabloïds, ainsi que d'une pléiade de journalistes d'investigation, qui ont enquêté sur la dynastie Murdoch.

Publié dans Documentaires