« Il était une fois en Irak », mardi 30 mars sur ARTE (vidéo)

Mis en ligne par dimanche 28 mars 2021 597
« Il était une fois en Irak », mardi 30 mars sur ARTE (vidéo)

D'extraordinaires témoins (civils, journalistes, soldats des deux camps…) racontent "leur" guerre d'Irak, de 2003 à 2017 : l'histoire nuancée d'un désastre pour une ode vibrante à l'héroïsme des anonymes à découvrir dans cette série en 3 parties mardi 30 mars à partir de 20:50 sur ARTE.

Première époque : l'invasion

Ce premier épisode retrace les semaines qui ont précédé l'attaque de l'Irak, puis l'invasion éclair du pays et le chaos assorti de pillages qui a suivi. Tandis que sa statue s'écroule à Bagdad, le dictateur Saddam Hussein reste introuvable.

Fasciné par l'Occident, cofondateur du premier groupe de hard-rock du pays, Waleed Nesyif a 18 ans quand l'armée américaine entre dans la capitale. Partagé entre la joie de voir s'écrouler enfin la prison à ciel ouvert qu'est son pays et la peur de le voir se disloquer, il se trouve aux premières loges pour constater l'envers du "rêve vendu" aux Irakiens, car il travaille comme fixeur pour les journalistes occidentaux.

Un ancien et inconsolable conseiller de Saddam, une femme d'agriculteur vivant non loin du village natal du dictateur, Oum Qusay, un soldat d'élite américain, un futur professeur d'histoire habitant Mossoul, Omar Mohamed, le reporter du New York Times Dexter Filkins et le photojournaliste anglais Ashley Gilbertson font eux aussi revivre ce moment de basculement.

Deuxième époque : insurrections

Arrivé avec l'espoir d'aider à reconstruire un Irak démocratique, le lieutenant-colonel Nate Sassaman a vu au fil des mois ses efforts de dialogue réduits à néant. Brisé par le sentiment d'avoir contribué à la destruction d’un pays, il a quitté aujourd'hui l'armée.

Parmi les soldats qui ont débusqué Saddam Hussein se trouvait un engagé volontaire irakien réfugié aux États-Unis. Redevenu vendeur de voitures, Samir al-Jassim se souvient de ce qu'il a ressenti en se retrouvant face au dictateur déchu.

Dexter Filkins, lui, décrit la montée en puissance des attentats, après que la décision de "débaathiser" le pays, suivie de la démobilisation de quelque 400 000 militaires, a achevé de préparer le terrain de l'insurrection. Peu après, le journaliste, qui fait équipe avec Ashley Gilbertson, accompagne des soldats dans la terrible bataille de Falloujah.

Une jeune mère, Nidhal Abed, et son fils de 2 ans n'ont pu quitter la ville, comme la plupart des familles pauvres…

Troisième époque : les conséquences

"L'Irak va devenir le terrain de jeu du terrorisme international", lance Saddam Hussein à l'agent de la CIA qui l'interroge, John Nixon.

Al-Qaïda en Irak, sous l'égide du sanguinaire Al-Zarkaoui, sème la terreur en ciblant les populations chiites pour provoquer une guerre civile. Une vague de massacres que l'armée américaine contient tant bien que mal. Mais la pendaison du dictateur, puis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu avec constance par les Américains en dépit de sa corruption, jettent les bases d'une nouvelle guerre, plus féroce que les précédentes.

En 2014, à Mossoul, Omar Mohamed assiste à la prise de la ville par Daech et décide de lutter en secret. Oum Qusay, elle aussi, résiste à la barbarie qui a emporté son mari et son fils : elle sauve 58 jeunes recrues chiites de l'armée irakienne en les cachant dans sa maison.

Récit choral

Avec ses déflagrations successives, la guerre déclenchée en 2003 par George W. Bush et ses alliés, aux premiers rangs desquels Tony Blair, contre l'Irak de Saddam Hussein a mis le pays en lambeaux.

Pour raconter l'histoire d'une spirale de violence qui continue d'ébranler le monde, James Bluemel a recherché des témoins parmi les civils irakiens, les soldats des armées américaine et irakienne, et les reporters de guerre. "Ordinaires" par leur vécu, exceptionnels par la force de leurs paroles conjuguées, ces femmes et ces hommes font revivre de l'intérieur une part du cataclysme qui a bouleversé leur existence. Appuyant leur récit choral sur des archives en partie inédites, la réalisation entremêle avec virtuosité les "petits faits vrais" et les grands événements. James Bluemel ne cherche pas à tout dire, mais à faire résonner dans ces histoires personnelles ce qui l'a marqué dans sa précédente série documentaire, Exode, tournée au plus près de réfugiés : l'instinct de survie, le courage, l'humour ou la générosité.

Plus que l'effroi, c'est l'empathie, fondée sur l'intelligence des faits, qu'il veut susciter chez le spectateur. Un pari gagné de bout en bout.

Publié dans Documentaires
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