« Bernadette Lafont, et Dieu créa la femme libre », dimanche 25 avril sur ARTE

Mis en ligne par samedi 24 avril 2021 1063
« Bernadette Lafont, et Dieu créa la femme libre », dimanche 25 avril sur ARTE

Dimanche 25 avril à 22:30, ARTE vous proposera un portrait sensible de Bernadette Lafont, disparue en 2013, comédienne aux choix audacieux, égérie de la Nouvelle Vague et du féminisme, dotée d'un immense appétit de vivre.

Dès ses premiers pas au cinéma, elle épate par sa liberté, son insolence et son sex-appeal. Les réalisateurs de la Nouvelle Vague (François Truffaut et Claude Chabrol) la consacrent en radieuse pin-up. Sans comprendre leur goût du noir et blanc et des tournages en extérieur, la jeune Nîmoise, qui rêvait plutôt de la magie des studios hollywoodiens, se plie à l'exercice avec ardeur.

Mais il ne faut pas se fier à son irrésistible naturel, qui affleure même quand elle imite BB, son idole. Bernadette Lafont doit son allure sportive à un effort de maintien, auquel l’ex-danseuse, élevée dans les sévères Cévennes protestantes, ne renonce que sur le tard pour jouer dans Paulette une mamie dealeuse aux formes un brin relâchées.

L'instinct plus que l'imprésario

Au fil des années 1960, Bernadette Lafont s'affirme comme une actrice audacieuse et une égérie féministe réglant son compte au machisme (Les stances à Sophie de Moshé Mizrahi). Curieuse et volontiers excentrique (jusqu'à adopter de délirantes tenues), elle fait preuve d'une totale liberté, suivant son instinct plutôt que son imprésario, lorsqu'on lui propose le désormais mythique La maman et la putain.

Porté par la voix gouailleuse de la comédienne – avec laquelle la réalisatrice s'est entretenue peu avant son décès en 2013 –, ce portrait tout en sensibilité emprunte de lumineux chemins de traverse au cœur des Cévennes, pour capter l'appétit de vivre de son modèle, son caractère bien trempé mais pudique et son tempérament méridional à la fois chaleureux et austère.

Des entretiens complices avec, entre autres, ses petites-filles ou Bulle Ogier, l'amie de toujours, avec qui elle a partagé des films et le chagrin de perdre un enfant (sa fille Pauline, disparue en 1988), ponctuent des archives où jaillissent sa beauté solaire et son franc-parler.

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