« Nous », voyage à travers la banlieue parisienne en RER B, mercredi 24 novembre sur ARTE

Mis en ligne par mercredi 24 novembre 2021 389
« Nous », voyage à travers la banlieue parisienne en RER B, mercredi 24 novembre sur ARTE

Un voyage à travers la banlieue parisienne le long de la ligne B du RER, pour un portrait en mosaïque de ceux qui l’habitent. Inspirée par Les passagers du Roissy-Express de François Maspero, Alice Diop documente des vies "de peu", qui confluent vers un possible "nous". Un document à découvrir mercredi 24 novembre à 22:30 sur ARTE.

Au lendemain de la manifestation du 11 janvier 2015, en réaction aux attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, Libération titre en une "Nous sommes un peuple", et Alice Diop (La permanence) s’interroge sur cette foule très majoritairement blanche.

À la manière de François Maspero dans son livre Les passagers du Roissy-Express (Seuil, 1990), la cinéaste décide alors d’entreprendre un voyage au long cours en suivant la ligne B du RER, à la rencontre de tous ces “autres” qui ne figurent pas sur la photo.

De son enfance revisitée en Seine-Saint-Denis, sur les traces fugaces de parents émigrés du Sénégal dans les années 1960, aux sentiers d’une forêt automnale en vallée de Chevreuse empruntés par une chasse à courre en passant par le mémorial de la Shoah de Drancy, le périple met en lumière un territoire contrasté. Esquissant un portrait choral de Franciliens saisis dans leur quotidien, la réalisatrice tisse ainsi librement le récit d’un "nous" possible. Un ferrailleur malien au Bourget, une infirmière – la sœur d’Alice Diop –, visiteuse patiente de destins brinquebalés, des royalistes fervents qui assistent à la messe en mémoire de Louis XVI à la basilique de Saint-Denis, des adolescentes joueuses et tchatcheuses, l'écrivain Pierre Bergounioux ou des jeunes de cités émus par "La foule" d’Édith Piaf…: devant sa caméra défilent, sans ordre ni hiérarchie, comme à travers les vitres d’un train, visages et paysages de banlieue, pavillons avec jardins et grands ensembles, composant envers et malgré tout une vacillante mémoire collective.

Les oubliés de la photo

Comment faire communauté au-delà des différences ? Comment agréger des micromondes, à la lisière les uns des autres, sur un même territoire ? En questionnant en toute sensibilité les dissemblances mais aussi l’humanité partagée de ce "nous" flou voué à l’impermanence, Alice Diop documente d’abord les vies “ordinaires” des oubliés de la photo et leur restitue une place dans le cadre national. Alors que les regards brillent à l’unisson, étoilés par un feu d’artifice de 14 Juillet, son film-mosaïque se fait le reflet d’une histoire de France en mouvement.

Publié dans Documentaires
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