“Le monde en face” : « Fraude alimentaire : un crime organisé ? » dimanche 27 février sur France 5 (vidéo)

Mis en ligne par vendredi 25 février 2022 2233
“Le monde en face” : « Fraude alimentaire : un crime organisé ? » dimanche 27 février sur France 5 (vidéo)

Dimanche 27 février à 21:00, “Le monde en face” présenté par Mélanie Taravant proposera le documentaire inédit « Fraude alimentaire : un crime organisé ? » réalisé par Bénédicte Delfaut.

Toute notre alimentation peut être falsifiée : une enquête édifiante et inédite nous plonge au cœur de ce phénomène préoccupant, en constante augmentation. Plus discrets qu’un cartel de drogue, plus insaisissables que des trafiquants d’armes, des criminels ont fait main basse sur notre nourriture. Huile d’olive, poisson, viande, épices, aucun rayon n’échappe à leur juteux trafic. Un pactole estimé en Europe à 30 milliards d’euros enrichit chaque année une mafia d’un genre nouveau.

Le crime organisé écoule des produits altérés dans les restaurants, les supermarchés, et tous les commerces de bouche de l’Union européenne. Leur secret ? Changer un ingrédient, le remplacer par un autre, moins cher, et le tour est joué. Qui sont ces nouveaux trafiquants ? Quels sont leurs modes opératoires ? Il y a-t-il moyen de les stopper ?

Sur les pas des enquêteurs et des fonctionnaires qui ont découvert les premiers il y a dix ans ce trafic en plein essor, le film nous entraîne dans un tourbillon de malversations qui ont toutes pour cible des produits alimentaires de grande consommation.

De la Hollande aux prises avec la fausse viande bovine, à l’Espagne, à qui revient la palme du trafic le plus ahurissant : de la chair de thon périmée piquée et recolorée avec des produits toxiques. En passant par la Pologne, l’un des maillons faibles parmi les pays européens, ou encore l’Italie, littéralement submergée par les fraudeurs qui dénaturent toute sa gastronomie.

Rien n’aurait été découvert sans la fronde menée par une poignée de lanceurs d’alerte. Deux d’entre eux nous révèlent les dessous de ce trafic mondialisé, qui ne s’arrête pas aux frontières de l’Europe. Les escrocs de l’alimentaire font leur shopping dans le monde entier. Et face à ce péril majeur, les autorités sont débordées.

Note d'intention de Bénédicte Delfaut

Le film nous plonge dans un continent aux frontières mal définies. Un monde où l’on retrouve exactement les mêmes structures que dans n’importe quel trafic illégal, si ce n’est qu’il touche des produits que chacun de nous, sans exception, est amené à consommer. De ce phénomène, nous ne voyons que des manifestations sporadiques, lorsque des scandales alimentaires de grande ampleur éclatent : porc dans des produits halal, œufs contaminés au fipronil... Une vision qui, par définition, ne peut être que parcellaire et biaisée.

Malgré les incantations politiques qui réapparaissent à chaque scandale, le système qui rend ces fraudes possibles – et beaucoup trop rentables pour ne pas être tentantes – demeure largement ignoré. Situation paradoxale de l’Europe en matière de fraude alimentaire : nous sommes 500 millions d’Européens protégés par un ensemble de textes réglementaires les plus complets au monde en matière de sécurité alimentaire, que les États ont su imposer à l’un des secteurs économiques les plus puissants en Europe : l’agroalimentaire. Et nous sommes en même temps des proies de rêve pour des trafiquants du monde entier. La clé de voûte de ce trafic, c’est, bien entendu, l’argent. C’est lui qui motive la fraude, limite la riposte et qui explique le succès des produits adultérés. Les gains des criminels avec du thon dénaturé se chiffrent en centaines de millions d’euros ! Depuis que la nourriture s’est éloignée de nous, dans cet espace qui s’est créé, fait d’intermédiaires, de sous-traitants, de traders, la fraude alimentaire a explosé. Les fraudeurs cassent les prix, des acheteurs ferment les yeux.

Dernière modification le vendredi, 25 février 2022 10:24
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