"Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe" sur Arte mardi 14 avril 2026

jean marc.verdrel Par Jean-Marc VERDREL | Rédacteur, expert de la TV
Publié dimanche 12 avril 2026 304
"Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe" sur Arte mardi 14 avril 2026

Quarante ans après la pire catastrophe nucléaire de l'histoire, cette investigation ambitieuse révèle, derrière la chronique du désastre, les mécanismes d'un mensonge d'État, en résonance avec la guerre d'agression russe qui ravage l'Ukraine. Une série documentaire inédite en 3 volets diffusée sur Arte mardi 14 avril 2026 à partir de 21:00.

La force d'une telle enquête tient d'abord à ses témoins, dont certains s'expriment pour la première fois.

Igor Kirschenbaum, opérateur du réacteur numéro 4 resté silencieux pendant quarante ans, y décrit la tension et l'impréparation des équipes lors du test fatal – désaccords internes, violation des règles de sécurité, insistance des supérieurs.

Ce sont aussi des anonymes comme Olena Mokhnyk, enfant de Pripiat, la ville abritant les travailleurs de la centrale et leur famille, qui racontent l'absurde semblant de normalité maintenu à tout prix, alors que l'armée mesure en secret des niveaux de radiation vertigineux.

Serguei Belyakov, lui, décrit le sacrifice de milliers d'hommes envoyés nettoyer le toit de la centrale à la pelle.

Avec ces poignants récits, mêlés à un riche matériau d'archives, lui aussi en partie inédit – notamment des documents déclassifiés récemment – et aux analyses de spécialistes (Jay Richardson, alors ingénieur nucléaire de la CIA, Wyatt Andrews, correspondant américain à Moscou, les historiennes Galia Ackerman et Karena Kalmbach…), cette série documentaire met à nu les rouages totalitaires d'un système qui a largement contribué à l'ampleur du désastre, au mépris de la vie humaine. En troublante résonance avec la guerre d'agression russe qui dévaste l'Ukraine depuis plus de quatre ans.

Volet 1  En enfer

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, un test de sécurité dans le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl provoque le pire accident nucléaire de l'histoire.

Dans le huis clos de la centrale, les secours interviennent, aussi incrédules qu'inconscients du danger, tandis qu'à Moscou les autorités soviétiques minimisent les dégâts et maintiennent la population dans l'ignorance.

Il faut attendre deux jours pour que les scientifiques d'une centrale suédoise, à Forsmark, détectent une radioactivité anormale et lancent l'alerte. Entre sidération, retard d'évacuation et dissimulations, un véritable mensonge d'État se met en place, tandis que des milliers de "liquidateurs" sont envoyés sur zone sans protection pour tenter de contenir la catastrophe.

Volet 2  Radiations

Sommés de s'expliquer, les Soviétiques ripostent – zone d'exclusion autour de la centrale, décontaminations massives, mobilisation de volontaires chargés d'enfermer le réacteur sous un sarcophage de béton –, mais le mensonge, lui, s'épaissit.

À Kiev, la parade du 1er mai se déroule comme prévu : Mikhaïl Gorbatchev, président de l'URSS qui vient pourtant depuis quelques mois de lancer un vaste processus de réformes, balaie les inquiétudes des officiels locaux et, à la place des enfants des membres du Parti communiste inquiets, on fait défiler ceux des orphelinats.

Hans Blix, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), est convié à Moscou pour y être rassuré mais, dans les hôpitaux de la ville, le médecin américain Robert Gale mesure l'étendue du désastre humain. La glasnost promise par Gorbatchev vaut-elle aussi pour Tchernobyl ?

Volet 3  Responsabilité 

À la conférence de l'Agence internationale de l'énergie atomique de Vienne, en août 1986, l'URSS se défausse de sa responsabilité, invoquant des erreurs humaines commises par le personnel de la centrale. Ces mêmes arguments aboutissent l'année suivante à de lourdes condamnations, mais le masque se fissure.

Nikolaï Steinberg, qui a supervisé la construction du sarcophage, mène une enquête obstinée et rétablit la vérité : le réacteur souffrait d'un vice de conception connu des autorités bien avant la catastrophe. Une épine supplémentaire dans le flanc d'un empire vacillant, qui contribue à précipiter sa chute, en décembre 1991.

Quarante ans après, alors que la centrale a définitivement fermé et que la guerre ravage à nouveau la zone d'exclusion – soldats contaminés, sarcophage touché par les drones –, Tchernobyl appartient autant au présent qu'à l'histoire.

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Publié dans Documentaires, Mardi
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