“Grands Reportages” sur le traffic d'animaux, dimance 19 mai sur TF1

Mis en ligne par samedi 18 mai 2019 1433
“Grands Reportages” sur le traffic d'animaux, dimance 19 mai sur TF1

En France, plus d'un foyer sur deux possède au moins un animal de compagnie. 60 millions d’animaux et un marché de plusieurs milliards d’euros entaché de trafics en tous genres : élevages clandestins, importations illégales en provenance des pays de l’Europe de l’Est, vols, ou exploitation d'espèces protégées. Le commerce illicite d’animaux se classerait au 3ème rang des trafics les plus lucratifs, après la vente de drogue et d’armes.

A la SPA six enquêteurs se consacrent à plein temps à la traque des trafiquants d’animaux. Cette cellule anti trafic est dirigée par Julien Soubiron, un ancien gendarme : « Les services de l’Etat n’ont pas forcément beaucoup de temps pour s’occuper des animaux. On constitue donc des dossiers étayés de preuves, qu’on transmet ensuite à la justice ». Aux côtés de Julien, nous suivrons une enquête de longue haleine : la traque d’une trafiquante de chiots importés illégalement de Bulgarie. « C’est un trafic très lucratif, et irresponsable, elle importe des dizaines de chiots beaucoup trop jeunes ». Nés dans un pays où sévit encore la rage, ces animaux sont souvent mal immunisés contre cette maladie mortelle.

Pour décrypter le mode opératoire de ce commerce illicite, nous remonterons la route du trafic en nous rendant en Bulgarie. Situé à l’extrême sud-est de l’Europe, ce petit pays serait la nouvelle plaque tournante du trafic de chien. Ici, des chiots sont élevés dans des conditions déplorables, puis revendus par des grossistes locaux spécialisés dans l’exportation. « Ne vous en fait pas, les chiots ont 8 semaines, mais sur leurs documents, ils auront plus de 3 mois et demi pour être exportés vers la France ».

Les animaux domestiques ne sont pas ceux qui sont le plus durement touchés par les trafics. Pour alimenter le marché des NAC (nouveaux animaux de compagnie), des millions d’espèces protégées sont prélevées dans leur milieu naturel chaque année. Parmi elles, la tortue d’Hermann. A Gonfaron, dans le Var, un parc animalier et scientifique constitue le plus grand sanctuaire français de tortues. Bernard, le directeur, a consacré sa vie à ces reptiles « La tortue est très menacée car elle est inoffensive, facile à capturer, et que les gens trouvent que ça fait très joli dans un jardin ». Conséquence : en moins de deux ans, le Village des Tortues a été cambriolé trois fois. Lors du dernier vol 71 tortues d’Hermann sont dérobées en une nuit. Excédés, Bernard et son équipe prennent des mesures radicales : graver chaque carapace de tortue pour leur faire perdre toute valeur sur le marché noir.

C’est l’une des facettes les plus visibles du trafic d’animaux : des réseaux de mendicité organisés. A Paris, ils quadrillent les quartiers touristiques par dizaines. Leurs chiots et chatons sont destinés à attendrir les passants. Mal nourris, brutalisés, ils sont reproduits à la chaîne pour alimenter en permanence les réseaux en nouvelles portées. Dans l’ombre, certains citoyens ont décidé d’agir pour lutter contre ce trafic. « Ils restent des heures couchées, 3, 4 5 heure sans bouger, ils sont inertes, complètement inertes et très peureux. » s’insurge Alex, à la tête d’une page internet dédiée à cette cause. Aux côtés de ces détectives bénévoles, nous suivrons une « opération sauvetage » : extraire de la rue une chienne et sa portée, maltraités, exposés au froid de l’hiver parisien.