“Grands Reportages” en immersion au TGI d'Evreux sur les délits routiers, dimanche 14 juillet sur TF1

Mis en ligne par samedi 13 juillet 2019 1279
“Grands Reportages” en immersion au TGI d'Evreux sur les délits routiers, dimanche 14 juillet sur TF1

Au Tribunal, il y a les multirécidivistes, ceux qui ne sont même plus surpris d’être là, et puis il y a les autres. Les conducteurs « ordinaires » qui un jour commettent une faute d’inattention. Les délits routiers concernent plus de 30% des condamnations prononcées en France. Leur nombre ne cesse d’augmenter depuis 5 ans. Vitesse excessive, conduite sous l’emprise de l’alcool, ou simple refus de priorité... Aucune affaire ne ressemble à une autre. Alors pour juger, les magistrats tiennent compte de la personnalité et de l’attitude des accusés. Mais juges et procureurs doivent avant tout appliquer la loi. Quelle est la juste peine ? Exceptionnellement, le Tribunal de Grande Instance d’Evreux, dans l’Eure, a accepté qu’une équipe de “Grands Reportages” suivent, sans restriction, le quotidien des magistrats. Des audiences pleinières aux comparutions immédiates en passant par les aménagements de peines… Là où des hommes jugent d’autres hommes.

Lorsqu’il est de permanence, Eric Neveu, Procureur de la République, est à la tête d’une curieuse « gare de triage »... « C’est comme le service d’urgence d’un hôpital ou comme une tour de control d’aéroport. Vous êtes au courant de toutes les affaires qui se déroulent sur le département. » Réputé intraitable, il décide du sort des conducteurs interpellés par tous les policiers et gendarmes de l’Eure. Garant des intérêts de la société il porte ensuite, fermement, l’accusation lors des procès. « Mon rôle en tant que Procureur est d’éviter qu’on ait un drame sur la route. Donc il faut une réponse urgente, ferme et dynamique ».

A charge pour la juge Anne Mézard de suivre ou non les réquisitions du Procureur. Face aux prévenus, il est rare qu’elle mâche ses mots. Une chose la met hors d’elle : la nonchalance des mis en cause. La juge n’hésite pas à égrener quelques piqures de rappel. « 30% des accidents de la route mortels annuels sont liés à l’alcoolisation de l’un des conducteurs. Ca fait un peu plus de 1000 par an. Votre village : en 9 mois il est rayé de la carte. » rappelle-t-elle à Elvis, retrouvé endormi dans sa voiture, moteur allumé, au bord du coma éthylique. C’est la treizième fois qu’il comparaissait au Tribunal.

Nous avons suivi le parcours judiciaire d’Elvis et recueilli son témoignage. Une fois condamné par le Juge Anne Mézard, restait à définir son mode de détention. Afin d’éviter la surpopulation carcérale, les personnes condamnées à moins de 2 ans de prison peuvent bénéficier d’un bracelet électronique. Mais pour cela il faut convaincre Claire Marie de Agostini, 29 ans, juge d’applications des peines... Elle n’accorde pas facilement sa confiance. « Le placement sous surveillance électronique c’est aussi le risque d’une alcoolisation à la maison. La semi-liberté, l’avantage c’est qu’effectivement il y a un cadre qui est important puisque la personne doit se conformer à des horaires d’entrées et de sorties que j’aurai prévues. » Comment Elvis se comportera-t-il avec la juge ?

Au tribunal, certains dossiers sont plus délicats que d’autres. Bérangère Leboedec Maurel, 41 ans, va devoir juger l’un d’eux. Ancienne spécialiste de la fraude fiscale, elle a tout quitté il y a trois ans pour devenir juge. Devant elle ce jour-là : un chef d’entreprise, père de famille, au comportement exemplaire. Une faute d’inattention a failli coûter la vie à un motard. « Ce qui est difficile dans ce type de dossiers, c’est que c’est un accident qui aurait pu être commis par n’importe quelle personne. Par vous, par moi donc c’est extrêmement particulier. » reconnait la juge. Et d’ajouter « On reste quand même en tant que juge des êtres humains, je ne vais pas vous mentir en disant qu’on reste complètement insensible. Mais le procès ne relève pas de l’émotion, il relève de la justice. »

Un document exceptionnel…trois mois en immersion dans le quotidien du tribunal de grande instance d’Evreux.