“Grands Reportages” sur les troubles du sommeil, dimanche 29 mars sur TF1

Mis en ligne par samedi 28 mars 2020 1834
“Grands Reportages” sur les troubles du sommeil, dimanche 29 mars sur TF1

Plus de deux Français sur trois disent avoir des troubles du sommeil. Des Français qui en général dorment 1h de moins qu’il y a 70 ans. Résultat : au travail, dans les transports, à la maison, la France baille…Pendant plusieurs mois, une équipe de “Grands Reportages” est entrée à pas feutrés dans la chambre à coucher de ceux qui ont un problème pour dormir. Bienvenue dans un univers mystérieux : celui du sommeil, dans le secret de nos nuits…

La nature est ainsi faite : nous ne sommes pas tous égaux devant le sommeil. Marie-Bénédicte est insomniaque. Chaque matin, ou presque, c’est la même scène qui se joue autour du petit-déjeuner. « J’ai vu le réveil à 4h, dit Marie-Bénédicte. J’ai dû dormir 2 heures et puis après c’était terminé. Je suis très fatiguée. Je n’ai pas de force, j’ai les yeux qui me brûlent… » Son mari Laurent, lui, a passé une très bonne nuit. « Quand elle dort pas j’évite de lui parler ! », dit-il avant de s’éclipser. Il y a 25 ans, les nuits blanches de Marie-Bénédicte ont surgi sans crier gare. « C’est venu à la naissance de ma première fille. Et puis après la peur de ne pas dormir s’est installée et ça a été un cercle vicieux. ». L’angoisse du lit est si forte que chaque soir, elle a mis en place un rituel pour mettre toutes les chances de son côté : d’abord le somnifère, puis la fenêtre qu’on ouvre, enfin les boules Quiès. Au salon, Laurent attend que le sommeil le gagne. Nous avons placé une caméra infrarouge au pied du lit. A 1 h du matin, Laurent se couche. Malgré les fenêtres ouvertes, le somnifère et les boules quiès, à 2h30: Marie Bénédicte tourne encore. A 3h, elle s’ennuie. Et à 6h, elle se sent très seule. Cette nuit encore, elle ne fermera pas l’œil. C’est décidé. Demain elle se mettra en quête d’une solution… Et pour cela Marie Bénédicte va tout essayer…

Pour comprendre la raison de ces problèmes de sommeil, il suffit de monter en voiture avec Ghania, un matin, dans les rues de Paris. Ghania est chauffeur de taxi, de jour comme de nuit. Ce matin, elle s’est levée en catastrophe après une nuit trop courte. « Il est 9h, je suis censée être chez mes passagers et j’ai encore 2,5 km à faire tout en respectant les feux et tout ce qu’on peut. Mais tout va bien ! ». Cela s’appelle le stress de la vie moderne… Avec un tel rythme, son déficit de sommeil ne fait que se creuser, jour après jour, nuit après nuit. « J’ai fini tard hier soir je suis rentrée sur les coups de 23h et ce matin debout 5h30. Le réveil a été dur. Pour le moment ça va mais je ne sais pas comment je vais tenir ma journée. » Toute personne qui manque de sommeil n’aspire qu’à une chose: travailler moins pour dormir plus. Demain, Ghania a rendez-vous dans un centre du sommeil pour analyser ses nuits…quelques surprises l’attendent…

En quittant ces Parisiens stressés, impossible de ne pas envier les bienheureux dormeurs, au fond de leur lit douillet. Sauf que si le manque de sommeil est un cauchemar, le trop-plein de sommeil peut le devenir tout autant. Antoine Marquès est ce que l’on appelle un « grand dormeur ». Et pour cause. Chez lui chaque matin le réveil sonne une fois, 5 fois, 10 fois, avant qu’il n’ouvre un œil… Depuis 3 ans, la vie d’Antoine Marquès a basculé. Il s’est soudain mis à dormir beaucoup. Beaucoup trop. Au point qu’il a été obligé de quitter son travail. « J’étais quelqu’un de très actif tant au niveau du travail que des associations que de mes amis. Ce qui m’énerve c’est de ne plus l’être. » Sa maladie porte un nom : la narcolepsie cataplexie. Dans son village de Franche Comté, désormais, chacun sait qu’Antoine peut dormir partout, et de manière subite, incontrôlable. « C’est étonnant et ça fait peur ! raconte Christiane, l’épicière du village. On l’a vu plus d’une fois s’accrocher au rayon ! » Pour comprendre le mal étrange qui le frappe, il nous a convié un dimanche après-midi sur le terrain de football. A chaque émotion trop forte, à chaque montée d’adrénaline, Antoine s’endort… brutalement. « Quand cette émotion me gagne, j’ai plus la place dans mon cerveau pour autre chose, donc mon corps est livré à lui -même ». Après 3 ans de crises à répétition, Antoine va entamer un long voyage. Demain, il a rendez-vous à l’autre bout de la France pour percer le mystère de son sommeil.

Nous voici à présent sur les bords du lac d’Annecy, dans un univers où la maitrise du repos est une question de vie ou de mort. Au 27ème bataillon d’artillerie des chasseurs alpins, la résistance au stress et au manque de sommeil fait partie de l’entrainement. Aurélien, 20 ans et Theo, 23 ans se préparent à partir pour le Mali où les nuits seront courtes. « Avant j’étais un gros dormeur, nous confie Aurélien. Depuis que je suis à l’armée je ne grandis plus trop puisque je ne dors plus beaucoup ! » Avant leur départ pour l’Afrique, ils vont suivre un stage d’aguerrissement dans l’est de la France….4 jours et 4 nuits pendant lesquels ils seront quasiment privés de sommeil, en situation de guerre. Avec une question : combien de temps un homme au combat peut-il tenir sans dormir ?