“Grands Reportages” : « Au voleur ! », dimanche 18 octobre sur TF1

Mis en ligne par samedi 17 octobre 2020 496
“Grands Reportages” : « Au voleur ! », dimanche 18 octobre sur TF1

En France, un demi-million de personnes sont victimes d’un cambriolage ou d’une tentative chaque année… un toutes les 90 secondes. Les montants des vols ne sont pas forcément importants, mais l’intrusion, elle, est toujours traumatisante. Depuis quelques années, un mode opératoire inédit s’est développé : le “home jacking”. Les malfaiteurs pénètrent dans les logements, parfois armés, en présence des habitants. En 2019, on a recensé quatre-mille “home jacking”, un chiffre qui a doublé en 10 ans. Une équipe de “Grands Reportages” a suivi des victimes de ces agressions de haut-vol et les forces de l’ordre qui enquêtent, pour retrouver les malfrats. Des enquêtes difficiles : seulement 20% des affaires sont résolues.

Un an après les faits, Marie, 76 ans, retraitée, est encore traumatisée : « Les cambrioleurs m’ont braqué une arme entre les deux yeux, j’ai cru que j’allais mourir ! » Les deux hommes cagoulés lui ont dérobé son ordinateur et des bijoux. Mais, aujourd’hui, elle est convoquée au commissariat de Fréjus. Grâce à l’ADN, un suspect a été identifié et Sébastien, directeur d’enquête au commissariat de la ville, s’apprête à l’interpeller. Nous suivrons l’opération, qui s’annonce délicate, car l’homme pourrait être dangereux…

A Mulhouse, une série de cambriolages frappe la ville. En quelques semaines, cent-soixante caves ont été dévalisées. Mathieu, brigadier-chef du « Groupe anti-cambriolage », reconnaît qu’une telle série est « énorme ». Examen des caméras de surveillance, écoutes téléphoniques, filatures, il met peu à peu au jour une filière complète de délinquants, très organisée. Pour démanteler ce réseau, il doit réaliser un vaste coup de filet, avec plusieurs interventions simultanées. Il espère appréhender les petites mains du trafic et leurs receleurs, et récupérer des biens dérobés : « Nous travaillons pour les victimes, explique-t-il, donc leur rendre leurs objets est le meilleur moment de la procédure ! »

Didier et Blandine Loup, eux, sont à bout. Vendeurs de caravanes dans le Tarn, ils passent leurs nuits à surveiller leur magasin, sur des écrans de surveillance installés à leur domicile. Déjà cambriolés cinq fois en quatre ans, ils ont subi 60 000 euros de dommages et 12 000 euros de perte sèche. Lors de la dernière intrusion, Didier a tenté d’intervenir, mais il a été roué de coups par les voleurs. Arrêt maladie, dépression, son chiffre d’affaire est aujourd’hui divisé par 10. Son banquier le lâche, son assureur aussi. Son entreprise vient d’être mise en redressement judiciaire. « Je ne sais pas comment je vais m’en sortir », souffle-t-il.

Commerçant également, Pascal Rauber a craqué. Il vend des motos dans l’Orne depuis 30 ans et a déjà subi… cinquante-deux tentatives de cambriolages ! La dernière fois, c’était en juin 2016. L’alarme du magasin retentit en pleine nuit. Il prend son fusil à plombs et se rend à sa concession. Il tire sur l’un des voleurs et le touche à la tête. Pascal est mis en examen pour violence avec arme. « J’étais en situation de légitime défense ! », se défend-il, mais un an plus tard, il est jugé au tribunal d’Alençon et condamné à cinq ans de prison avec sursis et douze-mille euros de dommages et intérêts à verser… aux cambrioleurs ! Même s’il reconnaît la gravité de son geste, il juge cette sanction injuste.

Aux quatre coins de la France, plongée au cœur d’un fléau qui mine le moral des citoyens et nourrit le sentiment d’insécurité de la population.

Publié dans Infos