“Reportages découverte” : « Des barreaux aux fourneaux, l'évasion par la cuisine », dimanche 24 janvier sur TF1

Mis en ligne par vendredi 22 janvier 2021 2483
“Reportages découverte” : « Des barreaux aux fourneaux, l'évasion par la cuisine », dimanche 24 janvier sur TF1

C’est une première en France : un concours national culinaire inter prisons organisé dans la région Auvergne Rhône Alpes. Pendant trois mois, des détenus volontaires, qui participent tous à une formation cuisine dans leur maison d’arrêt, vont s’entraîner à préparer un menu d’exception qui sera dégusté par des grands noms de la gastronomie lyonnaise lors d’une compétition. Trois prisons, trois brigades de trois détenus, encadrés par des formateurs. Ce challenge culinaire réserve à tous bien des surprises. Des barreaux aux fourneaux, de la ténacité à la fierté, de la formation à la réinsertion, ce concours sera révélateur de talent pour certains, préventif contre la récidive pour tous.

Mérida purge une peine de deux ans pour trafic de stupéfiants dans la maison d’arrêt de Moulins Yzeure. Avant sa détention, il ne connaissait rien à la cuisine. Mais il a accepté de suivre une formation et, passionné, s’est porté volontaire pour se mesurer devant des chefs étoilés. Dans sa cellule de 9 m2, il peaufine ses recettes et espère bien obtenir une autorisation de sortie délivrée par le juge d’application des peines et se rendre à ce premier challenge culinaire pénitentiaire. « Ce concours, c’est mon ticket de sortie, je le sais et j’y pense tous les jours ».

Son co-détenu Renaud, 49 ans, condamné à une peine de quatre ans d’enfermement, a toujours travaillé dans des cuisines. Mais le niveau qui leur est demandé pour ce concours est exceptionnel. Renaud va se surpasser et peut compter sur son formateur Lionel, très impliqué lui aussi dans ce projet pour l’aider à composer le menu qu’il devra, avec son équipe, réaliser en 3h30.

Au Puy en Velay, Daniel, le cuisinier de la prison a déjà deux recrues pour le concours, Oualid et Thibault. Tous les deux récidivistes, ils ont accepté, pour occuper leurs journées, de suivre une formation. Trois fois par semaine, ils préparent les repas de leurs 49 codétenus de la maison d’arrêt. Oualid, ancien chauffeur livreur et Thibault, carrossier, découvrent le milieu de la cuisine au point de vouloir en faire, à leur sortie, leur métier. « C’est une chance, ça permet de montrer qu’on veut s’en sortir ». Ce concours culinaire à venir est une chance pour eux de montrer ce qu’ils sont capables de faire et peut-être d’être repérés par de potentiels employeurs présents lors de cette compétition.

A Bonneville, Grégory, initie depuis des années des détenus à la cuisine et leur propose de passer un CAP. Il cherche des candidats pour le concours, mais ce n’est pas si simple. L’administration pénitentiaire a ses règles strictes et pour obtenir de participer à cette compétition culinaire, il faut avoir un comportement irréprochable. « Moi, je suis là pour les motiver, pour leur faire oublier leur quotidien », explique Grégory. Derrière les barreaux d’une prison, les motivations, à l’épreuve de l’isolement, peuvent vite voler en éclat. Il ne reste que quelques semaines à Grégory pour constituer son équipe et trouver avec elle des idées de plats qui feront la différence.

Michel Portos, chef doublement étoilé, très investi dans le milieu carcéral, croit en l’idée de la deuxième chance, et aux vertus de son milieu professionnel. Il est parrain de ce concours et ne va pas ménager lui aussi ses efforts pour motiver les trois brigades tout au long de leurs entraînement avant de les juger, à Lyon, lors de la compétition. « La cuisine, ça peut leur remettre le pied à l’étrier dans un métier qui est formateur dans tous les sens du terme », assure-t-il.