En juillet 1976, un mystérieux cambriolage provoque l’émoi dans la France entière : 46 millions de francs sont dérobés dans la salle des coffres de la Société Générale de Nice, sans aucune trace d’effraction apparente ni violence : les braqueurs sont passés par les égouts.
Bientôt, un nom est sur toutes les lèvres : celui d’Albert Spaggiari. L’enquête passionne la presse de l’époque. Comment cet homme banal, petit photographe de quartier peu connu des services de police, a-t-il pu se retrouver sur un tel coup ?
Épisode 1 • Le braquage
Sur le papier, le bilan du cambriolage de la salle des coffres de la Société Générale de Nice est spectaculaire. Quelque 317 coffres ont été ouverts, le butin atteint 46 millions de francs, et le modus operandi est une première dans l’histoire des braquages, car les voleurs sont passés par les égouts et ont laissé une feuille avec un slogan : "Sans arme, ni haine, ni violence".
Pour les enquêteurs, c’est le grand banditisme marseillais qui est derrière l’opération. Jusqu’à ce que les policiers aboutissent à un autre suspect, un photographe de Nice du nom d'Albert Spaggiari.
Épisode 2 • Le cerveau
Le 27 octobre 1976, Albert Spaggiari est arrêté. Les policiers découvrent chez lui de nombreuses armes et des explosifs. Ancien soldat de la guerre d'Indochine, partisan de l'OAS, habitué de la prison des Baumettes à Marseille, l’homme a de multiples visages. Lors d’un rendez-vous avec le juge chargé de l’instruction, Spaggiari décide de s’évader.
Épisode 3 • La cavale
Le 10 mars 1977, Albert Spaggiari réalise son plus beau coup d’éclat. Après six mois en prison, il s’évade par la fenêtre du bureau du juge, au palais de justice de Nice. Après quelques jours cachés dans la ville, il gagne Paris avant de passer la frontière. De là commencera une cavale entre l’Europe et l’Amérique latine qui va durer douze ans. Après sa fuite, Albert Spaggiari reste discret quelque temps avant de faire de nouveau les gros titres. En 1978, il publie un livre, « Les égouts du paradis », qui sera adapté au cinéma par José Giovanni.
Épisode 4 • La légende
Sous une fausse identité, Albert Spaggiari et sa compagne Emilia, une nationaliste italienne, font des allers-retours entre l’Espagne, l’Italie et l’Amérique du Sud, menant un train de vie fastueux. Pour financer ses dépenses, Spaggiari donne des interviews à la presse, il fait notamment la une de Paris Match avant de participer, en 1983, à l’émission "Apostrophes" de Bernard Pivot.
Déguisements, postiches... il se fait même refaire le visage. Mais au bout de quelques années, la légende s'essouffle. Albert Spaggiari décède d’un cancer en 1989. Vingt ans après sa disparition, les langues se délient. Se pourrait-il qu'il n’ait été qu’une petite main du braquage ?
Une série de Clément Magnin, Felix Albert / BoTravail.


































