Autrefois au cœur de la vie sociale, les bistrots disparaissent peu à peu du paysage français. De 400 000 établissements après la Seconde Guerre mondiale, il en reste aujourd’hui moins de 40 000. Chaque année, près d’un millier de troquets ferment, emportant avec eux un lieu de convivialité essentiel, aussi bien dans les villages que dans les grandes villes. Pourtant, certains Français se battent pour préserver ce patrimoine et réinventer le métier.
Pendant un an, une équipe de "Grands Reportages" a rencontré celles et ceux qui font vivre ces bistrots coûte que coûte.
À 54 ans, Anne est à la tête d'une institution parisienne. Son petit bistrot du 1er arrondissement est plein à craquer tous les jours. Chez elle, on est comme à la maison : "J'ai toujours fait ce métier pour recevoir, quand vous passez la porte il faut vous donner envie de revenir le temps d'un repas. Son rêve, c'est qu'un jour son fils Lucas, 17 ans, reprenne l'affaire familiale. Anne le forme dès qu'elle en a l'occasion. En vue d'un évènement spécial, il va falloir que Lucas progresse rapidement, car sa mère va lui donner de grosses responsabilités.
Dans la campagne de l'Yonne, Valentin, lui, entend bien réinventer le métier de bistrotier. Pourtant, il ne connaît rien à la profession ! Il va lancer un bistrot ambulant pour recréer du lien dans les villages qui ont perdu leur café-restaurant. Mais la tâche s'annonce plus compliquée que prévu. Il faut aménager le camion à moindres frais et surtout persuader les mairies d'accueillir son bistrot roulant pour vendre de l'alcool : "Il faut convaincre une vingtaine de communes pour que le projet soit viable". Rien n'est gagné pour le trentenaire.
Mado tient l'un des derniers bistrots du quartier Perrache, à Lyon. "Il y avait une ambiance extraordinaire avant, il y avait 80 bars, maintenant il n'y a presque plus rien, il y en a trois qui ont fermé récemment". À 76 ans, elle est l'irréductible patronne qui veut envers et contre tout, sauver son petit bout de patrimoine lyonnais. La fréquentation a baissé ces dernières années, mais elle continue d'organiser des évènements pour attirer les foules. Réussira-t-elle à remplir son troquet ?
Stéphanie et John quant à eux, ont fait un pari fou : quitter Mulhouse pour ouvrir un bistrot dans un village de 400 habitants dans l'Allier et tout cela sans permis de conduire ! "C'est un rêve qui se concrétise. C'est le début de l'aventure et on sait qu'on va apporter quelque chose qui est attendu aussi sur la commune". Mais cette aventure leur réserve bien des surprises. Entre les travaux, l'aménagement et plusieurs déconvenues, arriveront-ils à ouvrir dans les temps ?































