Présenté par Augustin Trapenard, le magazine littéraire de France 5 est le grand rendez-vous de l'actualité littéraire sous toutes ses formes : romans, essais, histoire, polars, bandes dessinées, jeunesse, etc.
Chaque mercredi soir sur France 5, Augustin Trapenard convie des auteurs d'univers différents qui font l'actualité littéraire.
Les invités de l'émission du mercredi 4 février 2026 :
Éric Vuillard pour son livre « Les orphelins » (Actes Sud)
Notre vie moderne est marquée par la naissance violente et vertigineuse d’une nation, les États-Unis. Une jeunesse venue de toute l’Europe déferla en Amérique pour participer au plus grand accaparement de terres de toute l’Histoire. « Les orphelins » raconte la vie de Billy the Kid, l’un des protagonistes de cette immense ruée vers la fortune ou le néant. C’était un jeune garçon de famille pauvre, il mourut à l’âge de vingt et un ans. Ce livre raconte deux histoires : l’histoire intime de Billy, effacée par le temps, notre histoire à tous peut-être ; et la grande Histoire, celle qui nous emporte, l’origine du pouvoir en Amérique, l’histoire d’une démocratie confisquée.
Patrick Boucheron pour son livre « Peste noire » (Seuil)
La peste est la plus grande catastrophe démographique de l’histoire de l’humanité. C’est à la fois un événement monstre et un événement de longue durée, qui laisse ses empreintes dans les textes et les images, mais aussi dans les archives du vivant et dans celles de la Terre. Ce livre propose de les recueillir pour éprouver la capacité des pouvoirs et des sociétés à faire face à la mort de masse. Avec « Peste noire », on parcourt une histoire-monde ouverte aux apports de l’archéologie, de la génétique et des sciences de l’environnement, débordant le récit traditionnel d’un Moyen Âge qui ne tient plus en place
Laure Murat pour son livre « Toutes les époques sont dégueulasses » (Verdier)
Depuis quelques années, un malaise s’est installé dans la culture contemporaine. Ici on récrit des textes classiques ou certains best-sellers pour les purger du racisme et du sexisme, ailleurs on en appelle à une surenchère de contextualisations. Et si la question qui sous-tend ce vaste débat était mal posée ? S’il s’agissait, dans bien des cas, d’argent et non d’éthique ? Et si la censure n’était pas du côté qu’on croit ? Et si les précautions prises à tout contextualiser produisaient à terme un effet pervers ? À l’aide de quelques exemples, Laure Murat tente de rebattre les cartes d’une polémique qui, à force d’amplifier, brouille les vrais enjeux de la création et de sa dimension politique.
Lolita Pille pour son livre « Antigone Reine » (Le Cherche-Midi)
Dans cet essai vibrant, punk et érudit, Lolita Pille partage son apprentissage de lectrice et d’écrivaine. Convoquant sa vie personnelle autant que ses auteurs de chevet — des anciens Grecs à Virginia Woolf, de Nietzsche à Simone Weil —, l’autrice nous invite à reconquérir notre « temps à soi », à substituer l’éloquence aux armes, à devenir créatrices et créateurs de nos propres lois : à sacrer la littérature pour renouer avec l’amour véritable.
Charles Dantzig pour son livre « Inventaire de la basse période » (Grasset)
Le monde occidental vit un moment à la fois piteux et menaçant. Ce moment, Charles Dantzig l’appelle la Basse Période. Basse, comme il y a marée basse ; période, parce que les choses n’ont pas encore suffisamment duré pour pouvoir être qualifiées d’époque. Direction : la tyrannie, dans cet espace mental nommé Occident pourtant fondé contre elle. Ses ennemis intérieurs cherchent à créer un nouvel espace mental d’archaïsme moral joint à la technique la plus perfectionnée. Et parmi cela, la vie, la vie qui continue, distraite, frivole, avec l’amour, la jalousie, la sexualité… qui ne sont pas des absolus. Les sentiments sont aussi des produits du monde où ils apparaissent. Et eux aussi changent, et bien souvent dans le sens de la réaction contre toute humanité.


































