Jamais le marché des jets privés ne s’est aussi bien porté. Avec près de 25 000 appareils en circulation dans le monde, ces avions ultra-luxueux sont devenus le symbole ultime de la réussite sociale.
À Dubaï (Émirats arabes unis), vendeurs et acheteurs négocient, entre deux petits-fours, des Boeing privés à 40 millions de dollars. En Autriche ou aux États-Unis, de jeunes entrepreneurs transforment la location de jet en un service de proximité, aussi simple qu’une application de taxi, mais avec le champagne et le caviar en prime. Pour les acteurs du secteur, le jet n’est pas un caprice. C’est un outil de travail indispensable à la performance, une bulle de luxe où attentions et qualité du service dépassent de loin les meilleures premières classes commerciales.
Mais si l’aviation privée ne représente que 0,04 % des émissions mondiales de CO2, un jet pollue, en une heure seulement, autant qu’un automobiliste français en une année entière. À l’heure du réchauffement climatique, ce secteur en pleine expansion cristallise toutes les tensions et la contestation gronde.
Taylor Swift, Elon Musk ou encore Bernard Arnault, le patron de LVMH, voient leurs déplacements scrutés et dénoncés comme des « aberrations écologiques ». Stars et hommes d’affaires sont devenus les cibles privilégiées des militants de Just Stop Oil et des « traqueurs de jets » qui les clouent au pilori sur les réseaux sociaux.
Des coulisses feutrées des courtiers de jets aux actions coup de poing des activistes, enquête sur un marché aussi lucratif que contesté.

































