Pas encore officiellement déclaré mais déjà dans les starting-blocks de la prochaine présidentielle, Dominique de Villepin a fait son retour sur la scène politique. Qui se cache derrière cet homme qui s'imagine aujourd'hui en "sauveur" du pays ?
Pas moins de 43 interviews données à la radio et à la TV en un an, une omniprésence sur les réseaux sociaux et, depuis plusieurs semaines, un discret tour de France entamé, à la rencontre d'électeurs potentiels... Pas de doute, Dominique de Villepin est de retour.
En ligne de mire, la prochaine présidentielle. Pas encore officiellement déclaré mais déjà dans les starting-blocks. Pourquoi un tel come-back après dix-huit ans d'absence sur la scène politique ?
Une personnalité atypique
Dominique de Villepin, c'est d'abord l'histoire d'une personnalité atypique sur l'échiquier politique. Celui qui avait mis la jeunesse dans la rue avec son contrat premier embauche (CEP) en 2006 est devenu le chouchou des militants de La France insoumise à la faveur de ses prises de position sur le conflit israélo-palestinien et la situation à Gaza. Jamais élu, toujours nommé, celui qui vient tout juste de créer son propre parti, La France humaniste, ne s'est jamais présenté au moindre suffrage.
Alors a-t-il ses chances ? Il ne manque en tout cas pas d'expérience. Tour à tour secrétaire général de l'Élysée, ministre des Affaires étrangères, ministre de l'Intérieur et même Premier ministre... Ce prestigieux CV, il le doit avant tout à Jacques Chirac, son mentor. Rendu célèbre en 2003 pour son fameux discours à l'ONU contre l'intervention américaine en Irak, il échouera malgré tout à se présenter à la présidentielle quatre ans plus tard.
Homme d'affaires et homme de réseaux
Sa vie d'après ? Celle d'un businessman avisé. Avec sa société de conseil, ses conférences à travers le monde et ses liens parfois troubles avec des régimes autoritaires, l'homme a fait fortune ces deux dernières décennies. De la Chine à l'Arabie saoudite, le magazine a enquêté plusieurs mois sur ses contrats très lucratifs.
De quoi gêner ses ambitions ? Les obstacles semblent encore nombreux avant une éventuelle accession à l'Élysée. Au fil de son parcours, Dominique de Villepin s'est fait de nombreux ennemis jusque dans sa propre famille politique, comme Nicolas Sarkozy... qui avait notamment promis de "le pendre à un croc de boucher" à l'époque de la rocambolesque affaire Clearstream.
Aujourd'hui, c’est un ancien pilier des réseaux de la Françafrique qui semble lui en vouloir. Déjà tombeur de François Fillon avec l'"affaire des costumes", Robert Bourgi prétend que Dominique de Villepin aurait reçu, selon lui, de somptueux cadeaux… Des révélations auxquelles il a accepté de répondre.
Complément d'enquête sur le (très) intrigant Dominique de Villepin.
Une enquête de Nicolas Vescovacci, Pablo Rey et Raphaël Bourdelon / Neutra Production.
| Extrait vidéo |
« Ce n’est pas illégal mais est-ce que c’est acceptable ? »
Robert Bourgi, ancien proche de Dominique de Villepin, devenu un fidèle de Nicolas Sarkozy, affirme que l’ancien ministre des Affaires étrangères aurait reçu deux bustes de Napoléon Bonaparte quand il était en fonction, de la part du président du Burkina Faso et d’un industriel italien. Dominique de Villepin conteste, lui, la provenance et le prix de ces cadeaux, pensant que Robert Bourgi les lui avait offerts. En échange, il assure qu’il n’y a eu aucune contrepartie.
« Il y en a un qui est grand et beau, l’autre petit et moche. L’un qui est en pleine forme, l’autre qui est malade »
François Goulard, l’ancien lieutenant de Dominique de Villepin, nous raconte un épisode de la guerre Sarkozy/Villepin. Les deux rêvent de succéder à Jacques Chirac à l’Élysée. Ce jour de 2005 à La Baule, c’est l’ancien Premier ministre qui va marquer le point devant les caméras.


































