« Robert Badinter, la vie avant tout » bientôt sur France 3

Mis en ligne par lundi 19 juillet 2021 2374
« Robert Badinter, la vie avant tout » bientôt sur France 3

A l'occasion du 40ème anniversaire de l’abolition la peine de mort, France 3 diffusera prochainement le documentaire inédit « Robert Badinter, la vie avant tout » réalisé par Romain Icard et raconté par Elsa Lepoivre de la Comédie Française.

Le 18 septembre prochain, la France célébrera les quarante ans de l’abolition la peine de mort. Une décision si forte qu’elle reste, plus que toute autre réforme, emblématique du premier septennat de François Mitterrand.

Pour Robert Badinter, qui a conduit la réforme au Parlement, il s’agissait du combat de sa vie.

Robert Badinter a écrit que son enfance s’était terminée le 10 mai 1940, le jour où l’Allemagne nazie a lancé son offensive militaire contre la France. De ce jour, son quotidien de jeune garçon, élevé dans l’amour de la République, a vacillé avant de se déchirer en février 1943, quand son père a été raflé par Klaus Barbie, à Lyon. De cette tragédie, de cette blessure inguérissable, le jeune homme va puiser un amour de la vie intarissable. « La vie plus forte que la mort » dira-t-il plus tard, comme une promesse qu’on se fait à soi-même.

Devenu un avocat brillant, connu du tout-Paris, il aurait pu choisir une vie feutrée, voire facile. Pourtant, au début des années 1970, Robert Badinter se lance dans l’arène pour l’abolition de la peine de mort. Par conviction, il n’abandonnera jamais cette lutte, même quand il subira, avec sa famille, les menaces et les injures. Ces dix ans passés aux Assises, à défendre l’indéfendable, l’ont convaincu que le combat devait être mené sur le terrain politique. Il fallait une loi d’abolition.

En 1981, l’élection de son ami François Mitterrand lui offre une occasion rêvée de porter cette loi d’abolition qu’il appelait de ses vœux. Comme l’aboutissement d’une vie, comme une offrande à cette République que son père admirait tant.

L’action de Robert Badinter se déploiera bien au-delà de la question de la peine de mort. Profondément humaniste et passionné par la Justice, il marquera son ministère par de nombreux autres combats. Avant de se retirer doucement de la sphère politique et de refuser un destin qui aurait pu être national.

Note d'Intention de Romain Icard :

Des convictions politiques de Robert Badinter, nous savons beaucoup. Des ressorts personnels qui l’ont poussé à mener un tel combat, beaucoup moins. L’homme est réservé et refuse d’évoquer sa vie privée personnelle.

Ce documentaire propose cependant une cette histoire intime et politique, si Robert Badinter s’en défend. Raconté grâce à des archives, par son épouse et ses amis, ce film nous éclaire sur une des personnalités préférées des Français et sur la manière dont, au fil des années, il est devenu le héros d’une réforme indispensable.

Lors de notre premier échange, Robert Badinter m’a immédiatement souligné combien le combat pour l’abolition de la peine de mort avait été d’une violence inouïe, qu’on a aujourd’hui oubliée. Effectivement à lire livres et articles, on semble ne retenir que la grandeur de la cause, la noblesse des sentiments qui habitaient alors Robert Badinter. L’abolition ne fait plus débat en France et rares sont ceux qui voudraient remettre en cause ce qui est devenu un fondement de notre République. Il n’en pas été ainsi de tout temps. C’est cette lecture de l’histoire que j’ai voulu transmettre dans ce film.

Robert Badinter n’avait que des coups à prendre dans cette lutte, d’abord judiciaire puis politique. S’il s’y plonge, c’est par conviction, bien sûr, mais aussi parce qu’il se fait une haute idée de la République française. Restait à comprendre d’où lui venait cet amour indéfectible pour son pays. C’est là que les ressorts intimes se font jour. Robert Badinter est le reflet de son époque et les combats qu’il a mené (et pas seulement l’abolition de la peine de mort) trouvent bien souvent leur source dans des blessures plus anciennes.

J’ai voulu donner à voir et à comprendre comment l’avocat, spécialisé dans le droit des affaires, est devenu « l’honneur de la gauche » et une figure incontournable de la Ve République.

La vie de Robert Badinter est une leçon pour mieux comprendre le passé. C’est surtout un récit qui éclaire comme rarement ce que veut dire le mot engagement.

Les intervenants

Élisabeth Badinter, femme de lettres, philosophe et féministe, est mariée à Robert Badinter depuis 1966. A ses côtés, elle a traversé toute l’histoire de l’abolition de la peine de mort en France. Témoin direct, elle revient sur ces années de lutte.

Laurent Fabius, homme politique, ancien Premier Ministre et Président du Conseil Constitutionnel, il fait la rencontre de Robert Badinter en 1973, dans l’entourage de François Mitterrand. Ensemble, ils ont fait partie des gouvernements des années 1980 et sont devenus amis.

Jean-Marc Sauvé, est conseiller au cabinet du Garde des Sceaux en 1981, quand Robert Badinter prend le poste. Aux côtés du ministre, il va être de la plupart des batailles législatives. Depuis, ce grand commis de l’État voue une admiration sans bornes à ce « juste », ainsi qu’il le définit.

François Binet, avocat, est l’élève de Robert Badinter à la faculté de Droit. L’avocat repère ce jeune avocat doué et l’intègre à son cabinet. Dès lors, il sera de tous les procès aux côtés de celui qu’il qualifie de « deuxième père ». Les deux hommes ont noué une amitié indéfectible.

Jacques Attali, ancien conseiller politique de François Mitterrand depuis 1973, c’est lui qui présente Laurent Fabius et Robert Badinter. Aux côtés du président de la République, il voit le garde des Sceaux ferrailler pour réussir à abolir la peine de mort.

Voir également :

« La guillotine, une invention bien française », lundi 13 septembre sur France 3
Dernière modification le samedi, 11 septembre 2021 11:15