Kad Merad évoque son rôle dans “Un homme d'honneur” la nouvelle série de TF1

Mis en ligne par samedi 6 mars 2021 1864
Kad Merad évoque son rôle dans “Un homme d'honneur” la nouvelle série de TF1

La vie du juge Richard Altman bascule lorsque son fils, Lucas, commet un délit de fuite en laissant un motard pour mort. Alors qu’il pousse son fils à se dénoncer, il réalise que la victime est le fils d’un dangereux mafieux. Prêt à tout pour sauver Lucas, Richard Altman entame une réelle descente aux enfers… Après « La part du soupçon », Kad Merad se glisse à nouveau dans la peau d’un personnage trouble qui va renier tous ses idéaux.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?

Dès la lecture des deux premiers épisodes, l’intrigue et le suspense m’ont beaucoup plu. Il y avait tous les ingrédients pour faire une bonne série. Je n’avais vu ni la version originale israélienne, ni l’américaine car j’ai voulu arriver de la manière la plus vierge possible pour imaginer et créer mon personnage. Avec Julius Berg, le metteur en scène, nous avons fait comme si nous partions d’une page blanche.

Quel genre d’homme est le juge Altman ?

C’est un magistrat réputé et très respecté dans le milieu. Plutôt impartial, juste et humaniste, il s’intéresse à ceux qu’il doit juger et n’a pas envie d’appliquer les lois bêtement. Ses avis et ses sanctions sont reconnus et souvent repris. Sa renommée et sa manière assez atypique d’exercer son métier lui donnent du panache.
Quand il retire sa robe de magistrat et endosse ses habits de père, il devient un être humain sensible, fragile et surtout prêt à tout. Car il ne s’agit pas juste d’aider son fils mais de lui sauver la vie. Quand la vie d’un enfant est en danger, un parent est prêt à beaucoup, peut-être même à des actions dont il ignore être capable. Altman ne se pose pas de questions. Maladroit au début, il agit dans l’urgence et est entraîné dans une réaction en chaîne. Cette chute en avant le plonge dans un vertige permanent.

Il est contraint de mentir et de manipuler, même ceux qu’il aime. Comment avez-vous abordé ce personnage ?

L’histoire est assez bien écrite et mise en scène et les personnages suffisamment intéressants pour qu’il n’y ait pas à appuyer son côté manipulateur. Même quand Altman ment et instrumentalise ses proches, on continue d’avoir de l’empathie pour lui. C’était toute la difficulté : rendre ses mensonges et ses manipulations cohérents, et donc acceptables, pour que l’on ait malgré tout envie de le soutenir et que l’on perçoive sa part de sincérité.

Tout semble l’opposer à la famille Riva mais ne partage-t-il finalement pas certaines valeurs avec eux ?

Il y a une sorte d’effet miroir entre les deux clans. Rebecca Riva (Aure Atika), au-delà de ses méthodes mafieuses, est une mère de famille qui a un peu la même problématique que le juge Altman. Elle veut sauver l’honneur de son fils. C’est, en quelque sorte, une autre forme de sauvetage. Ils partagent le même but mais n’usent pas des mêmes méthodes.

Vous êtes-vous inspiré de certains juges réels ou fictifs pour l’interpréter ?

Sa partition en tant que juge est plutôt peu développée. Il n’y avait pas de notions techniques liées au métier de magistrat à appréhender. Richard Altman est avant tout un père de famille. Ayant moi-même des enfants et ayant déjà joué des rôles de père dans ma carrière, je me suis surtout fié à mon instinct.

Justement, en tant que père, que vous inspire la détermination de cet homme ?

On est capable de beaucoup de choses pour ses amis mais la ténacité monte d’un cran quand il s’agit de la famille. Nos enfants, c’est notre chair. On les élève, on leur transmet des savoirs, des valeurs. On soigne leurs maux. Ils sont le prolongement de nous-mêmes. Je suis un père très protecteur et soucieux, ce qui est d’ailleurs une vraie faiblesse. C’est parfois difficile à vivre de craindre pour la santé ou le bien-être de ses enfants. Il existe des papas beaucoup plus détendus et tranquilles ! La réaction du juge Altman face à ce qu’il traverse me semble logique. Je ne la trouve pas du tout excessive. C’est aussi pour ça que j’ai pu faire ce film. J’étais en accord avec le personnage.

Quel genre de réalisateur est Julius Berg ?

Je ne le connaissais pas mais j’avais vu la série La forêt et j’aimais la façon dont il dirigeait les acteurs. Il donne beaucoup d’intensité à ses personnages et arrive à les rendre très «habités». Il travaille toujours dans le calme et avec précision. L’ambiance sur un plateau avec Julius reste très concentrée. C’est appréciable surtout quand on tourne pour la télévision avec un rythme plus intense qu’au cinéma. Il faut aller plus vite, tout en gardant la qualité, et il y parvient parfaitement bien.

Vous donnez la réplique à de nombreuses comédiennes…

Je retrouve Zabou Breitman avec qui j’avais déjà joué dans Le grand méchant loup et Le gendre de ma vie de François Desagnat où l’on interprétait déjà des copains proches. Dans Un homme d’honneur, on est amants. J’attends la prochaine proposition ! Car j’adore le travail de Zabou. C’est une grande comédienne. Elle apporte beaucoup de vie et d’humanité à cette capitaine de police. Eye Haïdara, qui interprète l'avocate, offre également un jeu très intéressant. Tout comme Aure Atika, que j'avais déjà croisée mais avec qui je n'avais pas encore tourné. On a la chance d’avoir des rôles de femmes très forts dans les séries dernièrement ce qui n’arrivait plus trop au cinéma depuis longtemps. Et c’est le cas aussi dans Un homme d’honneur.

Comment s’est passée la collaboration avec le jeune Rod Paradot qui joue votre fils ?

Pour tout vous dire, c’est moi qui l’ai proposé pour ce rôle. Encore peu connu, Rod a pourtant déjà été récompensé d’un César et d’un Molière. C’est un excellent acteur. On s’est très bien entendu. Il n’a pas un rôle facile. C’est un peu le boulet. Il ne fait que des conneries (…) mais il le fait bien !

Gardez-vous le souvenir de certaines séquences ?

J’aime beaucoup la scène dans le haras avec Nicolas Duvauchelle où il m’engueule car il se rend compte que j’ai manipulé tout le monde. Cette séquence a été difficile à tourner car il était tard et faisait nuit mais je la trouve très belle. Même si je n’y ai pas participé, je trouve les scènes de prison avec Gérard Depardieu très réussies. Il y a une atmosphère bien respectée du milieu carcéral. C’est assez flippant. J’aime également beaucoup les méchants. Je trouve les acteurs qui les interprètent, notamment Steve Tientcheu (Les Misérables) très justes.

Propos recueillis par Karelle Bourgueil, TF1.

“Un homme d'honneur”, à découvrir sur TF1 à partir du lundi 22 mars à 21:05.

Publié dans Séries, Interviews
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