L'histoire en quelques lignes...
Septembre 1967. Un avion-cargo transporteur de troupes débarque au Viêtnam le soldat Taylor, engagé volontaire au sein de la compagnie Bravo.
En quelques jours, il déchante : manque de sommeil, barrière infranchissable de la jungle, tâches dérisoires et marches éreintantes en journée avant les patrouilles de nuit où une pluie de fer s'abat sur l'escouade, sans que le "bleu" sache comment réagir… Autour de lui, les soldats, vingtenaires au bas de l'échelle sociale, s'accommodent comme ils peuvent de cette antichambre de l'enfer, à grand renfort de cannabis et d'alcool.
Après plusieurs mois, la situation se tend au sein du peloton. À bout de nerfs et ayant subi de lourdes pertes, le sergent-chef Barnes et ses hommes s'en prennent à des villageois sans défense, malgré l'opposition du sergent Elias et celle de Taylor, horrifié. Le peloton se scinde en deux.
Ras de terre
Soutenu par le dramatique "Adagio pour cordes" de Samuel Barber, aux antipodes de la glorification reaganienne de la guerre mais rouvrant la plaie de l'absurdité de l'engagement américain au Viêtnam, le multirécompensé Platoon est le premier film de la trilogie dédiée au conflit d'Oliver Stone, revenu transformé de son propre déploiement, à 19 ans.
Filmé à ras de terre, au plus près des hommes, centré sur la perte d'humanité de soldats rendus fous par la peur et les meurtres, Platoon porte déjà en germe l'œuvre résolument politique d'Oliver Stone qui s'attachera par la suite, de Wall Street à Snowden, à braquer le projecteur sur les mensonges, les hypocrisies et les fautes de son pays.
Parmi les prestations des formidables acteurs, on retient le duo Willem Dafoe et Tom Berenger, sergents et figures paternelles opposées de cette bande de gamins paumés, quantité négligeable jetée dans l'horreur du conflit.



































