L'histoire en quelques lignes...
Emmanuèle est une romancière épanouie et accomplie, aussi bien dans sa vie privée que professionnelle.
Un jour, elle est appelée en urgence : son père André, âgé de 85 ans, vient d'être hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Quand il se réveille, diminué et dépendant, cet homme curieux de tout et aimant passionnément la vie, demande à sa fille de l'aider à mourir.
Malgré leurs différends passés, le père s'adresse à elle plutôt qu'à son autre fille, Pascale, qui le vit plutôt mal.
À distance
Vingtième long métrage du prolifique François Ozon, Tout s'est bien passé s'inspire étroitement du livre autobiographique d'Emmanuèle Bernheim (Gallimard, 2013), qui fut sa coscénariste pour trois films – Sous le sable, 5x2 et Swimming Pool. Elle-même décédée en 2017 d'un cancer, l'écrivaine y retrace son cheminement et celui de sa sœur face à la requête, puis à la mort programmée d'un père à la fois défaillant et tendrement aimé. Comme le livre, le film oscille entre de fugaces moments de burlesque et une émotion tenue à distance.
Incarnée avec une remarquable sobriété par Sophie Marceau (face à son partenaire Dussollier qui, une fois n'est pas coutume, en fait un peu trop), Emmanuèle, sans illusions sur l'égocentrisme d'un homme qu'elle aurait préféré "avoir pour ami", passe de la révolte à l'acceptation.
Après Être vivant et le savoir, le beau film qu'Alain Cavalier a consacré à Emmanuèle Bernheim, amie de longue date dont il avait projeté, lui aussi, de porter le récit à l'écran, avant que leur projet commun ne soit torpillé par la maladie de l'autrice, François Ozon propose une variation sur le deuil tout en nuances et retenue.
































