« C’était la guerre d’Algérie » : les 2 derniers épisodes diffusés mardi 15 mars sur France 2

Mis en ligne par dimanche 13 mars 2022 918
« C’était la guerre d’Algérie » : les 2 derniers épisodes diffusés mardi 15 mars sur France 2

À l’occasion du 60ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, France 2 propose 2 soirées spéciales autour de la série documentaire événement de Georges-Marc Benamou, écrite avec Benjamin Stora, « C’était la guerre d’Algérie ». Une fresque historique en 5 épisodes dont les deux derniers seront diffusés mardi 15 mars à partir de 21:05.

À partir d’archives rares, restaurées et colorisées, « C’était la guerre d’Algérie » est un film sans tabou et à hauteur d’hommes. Tous les tabous de cette « guerre sans nom » seront abordés : les tabous de la colonisation française, et de ses promesses non tenues ; mais aussi les tabous d’une histoire algérienne méconnue, avec ses vainqueurs et ses victimes… Des massacres de Sétif en mai 1945 à l’indépendance de juillet 1962...

Après s’être attaché à l’histoire de la colonisation elle-même depuis 1830, « C’était la guerre d’Algérie » raconte la plus chaotique, et la plus méconnue des indépendances, de toutes celles qui ont émaillé l’histoire de la colonisation française. Le parti pris du film a été de croiser la grande Histoire avec la « petite ». Les témoins d’hier et les mémoires d’aujourd’hui, parmi lesquels : Nicole Garcia ou Cédric Villani pour les Français d’Algérie ; Ali Haroun, l’ancien patron du FLN en France, ou Kahina Bahloul, la jeune imame franco-algérienne ; sans oublier des appelés de l’armée en Algérie, ou des descendants de harkis, comme l’ancien maire de Volvic, Mohamed Hamoumou.

Par-delà les archives, ce film est incarné par des figures identifiables dont nous suivrons les destins contrastés : Albert Camus, le libéral engagé d’Alger, Ferhat Abbas et Messali Hadj, les pionniers malheureux du nationalisme algérien ; François Mitterrand qui sera en première ligne de 1954 à 1957 ; le paradoxal Jacques Soustelle, immense intellectuel libéral devenu un « dur » ; Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, parmi les plus fameux « fils de la Toussaint », à l’origine de l’insurrection ; Massu et ses paras, durant la bataille d’Alger ; Germaine Tillion qui, de 1934 à 1957, filme l’Algérie, lutte et raconte ; Yacef Saâdi, le chef de la Casbah d’Alger, ou encore Charles de Gaulle, arrivant en sauveur, recherchant désespérément « la paix des braves », et ne la trouvant pas…

Épisode 4 1957, la bataille d’Alger

1957, trois ans déjà, la guerre a commencé. Plus de 200 000 soldats, jeunes appelés du contingent, viennent de débarquer pour prêter main-forte à l’armée qui se bat dans les djebels, contre le Front de libération national algérien, le FLN. Bientôt, ils seront un million cinq cent mille, venus des quatre coins de la France, à participer à « cette guerre sans nom » qui est devenue une « sale guerre » où l’armée, les paras, la Légion traquent les maquisards du FLN. Une « sale guerre » dans les campagnes où le FLN attaque et s’en prend aux Européens et aux musulmans pro-français.

1957 est une année pivot où, dans les deux camps, les durs vont l’emporter… L’armée française d’une part qui va imposer ses vues à un pouvoir politique en perdition. Et côté algérien, la montée en puissance du FLN, qui se structure, s’impose face à ses rivaux, et va inaugurer une nouvelle stratégie, un nouveau front : porter la terreur dans les villes et d’abord à Alger. Ce sera la bataille d’Alger.

Épisode 5 : Vers l’indépendance (1959-1962)

C’est le vrai-faux coup d’État du 13 mai d’Alger qui ramène de Gaulle au pouvoir, après 12 années de traversée du désert. Il est l’homme providentiel pour les « pieds-noirs » et l’armée. Mais, très vite, des doutes s’installent chez ceux qui l’ont porté au pouvoir. Où va-t-il, ce de Gaulle de 1958 ? Où conduit-il l’Algérie ? Pense-t-il déjà à l’indépendance ? Ou seulement, comme on le dit, à quelques réformes profondes pour donner à l’Algérie un statut d’autonomie ?

De 1958 à 1959, de Gaulle va tenter de trouver son chemin vers l’orient compliqué de l’Algérie… Il lance l’ambitieux Plan de Constantine, pour développer économiquement l’Algérie et lier son destin à celui de la France. Il jure « Jamais, moi vivant, le drapeau du FLN ne flottera sur Alger », et il poursuit la guerre militaire avec plus de force encore que ses prédécesseurs. Un déferlement militaire est déclenché avec le plan Challe pour écraser le FLN. Mais de faux-semblants en équivoques, la guerre d’Algérie va durer trois années de plus.

Et ce sera la plus chaotique des indépendances.

À la suite de la diffusion de ces deux derniers épisode, Julian Bugier proposera un débat en plateau.

60 ans après la fin de la guerre et l'indépendance de l'Algérie est-il enfin possible de réconcilier les mémoires en France mais aussi bien sûr en Algérie et surtout de quelle manière ?

Julian Bugier recevra en plateau :

  • Benjamin STORA, Historien spécialiste de l'histoire de la guerre d'Algérie.
  • Georges-Marc BENAMOU, Écrivain, producteur.
  • Kahina BAHLOUL, islamologue, 1ère femme imame de France.
  • Rabah ZANOUN, journaliste, fils de harki.
  • Naïma HUBER YAHI, historienne, spécialiste de la culture algérienne.
  • Mehdi BOUMENDJEL, petit-fils de l'avocat Ali Boumendjel, assassiné à Alger en 1957.Michel Berthélémy, ancien appelé.
  • Justine PEREZ, petite-fille de pieds-noirs, productrice et auteure du podcast "Sauce algérienne".

Note d'intention de Georges-Marc Benamou et Benjamin Stora : « Raconter la guerre d'Algérie sans tabou »

En France, un certain nombre de films ou de documentaires ont traité de la guerre d'Algérie, en évoquant les débuts des « événements », le sort des « appelés », la bataille d’Alger, le massacre du 5 juillet d’Oran, l’exode des pieds-noirs, le massacre des harkis… Mais, curieusement, rien d'aussi exhaustif n’a été produit depuis trente ans sur cette tragédie algérienne. La guerre et ses différentes phases, ses prémices, ses ruptures, ses surprises, ses secrets toujours enfouis. Comme si la guerre d’Algérie restait un peu tabou.

Pourtant, depuis 1984 et le film de référence de Peter Batty, La Guerre d’Algérie (1984, Channel Four-RTBF), et en 1991 Les Années algériennes (Stora, Alfonsi, Favre), des archives ont été ouvertes ; de nouveaux témoins ont parlé ; des historiens, français, algériens, internationaux, ont travaillé et enrichi l’historiographie de la guerre d’Algérie.

À l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance algérienne, C’était la guerre d’Algérie est une réponse à ce manque, la tentative d’un récit global et sans tabou. Car ce sont bien les non-dits, le refoulé de cette guerre qui entretiennent les tensions mémorielles.

Les tabous ? Ceux de l’histoire française : les ravages de la première colonisation, les promesses non tenues de la Troisième République, la répression de Sétif, la guerre votée par la Gauche, la torture couverte par ses ministres, les coups tordus de la Main rouge et autres barbouzes, l’abandon des harkis, comme le mépris que la classe politique de 1962 a entretenu vis-à-vis des Européens d’Algérie. L’histoire algérienne a, elle aussi, ses tabous, et sa raison d’État : une histoire « idéale » du nationalisme algérien : un récit  souvent écrit au détriment des pionniers Ferhat Abbas ou Messali Hadj ; un FLN qui dès 1954 était une organisation militaire (ce qui n’est pas sans laisser des traces) ; la terrible guerre civile avec les messalistes qui fera 10 000 morts ; et tant d'autres déchirements d’où sortiront vainqueurs les plus durs, les moins démocrates très souvent, comme le colonel Boumédiène.

Ce sont toutes ces « zones d'ombre » que nous abordons là avec la volonté de savoir, de pacifier et de réconcilier.

Dernière modification le dimanche, 13 mars 2022 11:19
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