« Katarina Witt : Doubles axels et rebondissements », vendredi 18 mars sur ARTE

Mis en ligne par jeudi 17 mars 2022 874
« Katarina Witt : Doubles axels et rebondissements », vendredi 18 mars sur ARTE

Entre glamour et surveillance politique, retour sur le parcours atypique de la championne de patinage Katarina Witt, seule Allemande de l’Est à avoir atteint le statut d’icône planétaire. Un document à voir ou à revoir sur ARTE vendredi 18 mars à 22:30.

Elle était "le plus beau visage du socialisme", selon le prestigieux magazine américain Time. L'ascension de Katarina Witt, double championne olympique de patinage, également détentrice de quatre titres mondiaux et six couronnes européennes, s’avère indissociable du système politique qui l’a vue éclore.

Née en 1965 d’une mère kinésithérapeute et d’un père agriculteur, la petite prodige de la glace, élevée à Karl-Marx-Stadt (Chemnitz aujourd’hui), bastion du sport de haut niveau en RDA, intègre une école spécialisée à 8 ans. Sous la houlette de l’illustre "Frau Müller" (Jutta, de son prénom), dame de fer en quête d’or, la fillette s’entraîne jusqu’à sept heures par jour au contact de l’élite nationale.

En février 1984, à Sarajevo, sa technique et son expressivité prodigieuses, alliées à une détermination tout aussi irrésistible que son éclatant sourire, la propulsent au sommet de l’Olympe. Tandis que le chef de l’État, Erich Honecker, la décore de l’Ordre du mérite patriotique, la Stasi, qui la surveille depuis son plus jeune âge, continue de consigner ses moindres faits et gestes. Forte de son statut de star internationale, la jeune femme négocie pourtant avec le régime la possibilité de travailler hors de RDA en récompense d’un second sacre olympique.

En 1988, à Calgary, Katarina Witt remplit sa part du contrat en remportant la très médiatique – et politique – "bataille des Carmen", sa grande rivale américaine, Debi Thomas, ayant choisi comme elle de danser sur Bizet.

L’année suivante, c’est depuis Séville, où elle tourne Carmen on Ice, que Katarina Witt apprend la chute du Mur. Icône d’une République déchue, attaquée pour ses liens avec le pouvoir communiste, la patineuse se réfugie aux États-Unis, où elle enchaîne les tournées triomphales et s’affiche dans Playboy, avant de signer un come-back aux JO de Lillehammer, en 1994.

Ambassadrice

Mêlant archives, extraits de rapports de la Stasi et témoignages de l’intéressée ("Il est clair que le sport était dévoyé. Mais tant que je bénéficiais d’excellentes conditions, je m’accommodais de la situation – à la fois complice, naïve, profiteuse", analyse-t-elle avec lucidité) et de ceux qui l’ont côtoyée (les patineurs Gabriele Seyfert, fille de Jutta Müller, et Brian Boitano, l’ancien numéro 2 du régime est-allemand Egon Krenz…), ce portrait éclaire la trajectoire fascinante de la reine des glaces de RDA, qui a raccroché les patins en 2008.

Publié dans Documentaires
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