"Les survivants, l'impossible départ après la Shoah" sur Arte mardi 27 janvier 2026

jean marc.verdrel Par Jean-Marc VERDREL | Rédacteur, expert de la TV
Publié dimanche 25 janvier 2026 268
"Les survivants, l'impossible départ après la Shoah" sur Arte mardi 27 janvier 2026

Mardi 27 janvier 2025 à 21:00, Arte diffusera "Les survivants, l'impossible départ après la Shoah" un documentaire inédit en deux parties réalisé par Antoine Dauer et Michèle Dominici.

De 1945 à 1950, la longue attente des juifs rescapés rêvant de fuir l'Europe où les leurs ont péri : racontée par de splendides archives et les écrits vibrants de celles et ceux qui l'ont vécue, cette histoire méconnue retrace aussi la naissance de l'État d'Israël et les prémices de l'interminable guerre israélo-palestinienne.

Partie 1 1945

Le 8 mai 1945, alors que des millions d'Européens et d'Américains célèbrent dans la liesse la défaite du nazisme, les rescapés du camp de Bergen-Belsen n'ont nulle envie de danser, écrit l'une d'entre eux, Hadassa Bimko, originaire de Pologne. "Nous n'avions aucune raison d'espérer. Personne ne nous attendait nulle part." La majorité des quelque 60 000 rescapés juifs des camps de la mort veulent quitter cet immense cimetière qu'est devenu le continent, surtout quand ils viennent d'Europe centrale et orientale, où l'antisémitisme continue de tuer. Ils découvrent bientôt que loin de leur tendre la main comme ils l'espéraient, le monde préfère les oublier.

En cet automne 1945, tandis que des millions de personnes, civils et militaires, errent sur les routes d'une Europe dévastée, les puissances alliées parquent à la hâte les "personnes déplacées" (ou "DP", selon l'acronyme anglophone) juives dans de nouveaux camps, parfois à proximité des anciens. Si les conditions précaires vont peu à peu s'améliorer et s'ils sont autorisés au bout de quelques mois à sortir de l'enceinte du camp, ces rescapés indésirables ne peuvent ni retourner là d'où ils viennent, ni émigrer : les États-Unis et le Royaume-Uni, qui administre la Palestine, leur opposent des quotas drastiques. Aussi l'attente va-t-elle se prolonger bien au-delà de ce qu'imaginent les survivants des camps, encore hébétés par l'horreur qu'ils viennent de traverser.

Partie 2 1946-1950

Ce second volet déroule en parallèle l'existence des rescapés juifs dans les camps de déplacés, et le bras de fer politique qui oppose à leur sujet le président américain Truman au Premier ministre britannique Attlee.

Sous la houlette, désormais, des personnels civils des Nations unies, le quotidien des "déplacés" juifs s'améliore peu à peu, et les grandes organisations humanitaires juives sont autorisées à leur acheminer l'aide qui a manqué cruellement dans les premiers mois suivant la libération. Mariages et naissances se multiplient, des écoles de fortune s'ouvrent, tandis que les meetings politiques opposent des sionistes de différentes obédiences. Beaucoup rêvent en tout cas d'une terre où, comme le leur promettent les kibboutzim qu'ils visitent, "aucun non-juif n'osera [leur] dicter [leur] conduite", où ils pourront enfin bâtir une existence libre et protégée. Car l'indifférence des grandes puissances à leur égard renforce l'ardent désir des survivants d'avoir enfin "leur" État. Déjà engagés dans la guerre froide, les Alliés, une fois achevé le procès de Nuremberg, n'ont plus pour priorité la dénazification : ils veulent rebâtir la prospérité allemande pour endiguer le communisme.

En juillet 1947, l'arraisonnement de l'Exodus par la marine britannique, qui enferme dans des camps à Chypre les 4 500 passagers du navire, pour l'essentiel des rescapés de la Shoah, retourne l'opinion occidentale en faveur de la création d'Israël...

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Publié dans Documentaires, Mardi
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