À l’occasion du 70e anniversaire de l’indépendance du Maroc, officialisée le 2 mars 1956, France Télévisions propose dimanche 5 avril, sur france.tv et sur France 5, une soirée spéciale sur l’histoire contemporaine de cette nation et sa longue relation avec la France.
Deux grands documentaires inédits : « Je t'aime moi non plus - France-Maroc » et « Mohammed V, père de l'indépendance marocaine » éclairent l’histoire commune des deux pays, le lien qui les unit et qui a traversé des tensions sans jamais rompre, ainsi que le destin exceptionnel de Mohammed V, sultan devenu roi, et son rôle central dans le processus d'indépendance du Maroc.
21:05 Je t'aime moi non plus - France-Maroc
Ce film raconte l’histoire passionnelle et méconnue d’un duel de pouvoir entre la France et son ancien protectorat, où les blessures d’hier s’invitent à la table des présidents et des rois. Un récit cinématographique tendu et incarné sur deux nations condamnées à s’entendre. Mais que faut-il sacrifier pour éviter la rupture ?
De la ferveur d’une demi-finale de Coupe du monde aux coulisses feutrées de l’Élysée, ce film explore les liaisons à la fois tumultueuses et dangereuses entre la France et le Maroc.
Entre les confessions d’anciens présidents et les récits intimes de grandes figures franco-marocaines, la caméra de Benoît Bringer remonte le fil d’une passion dévorante, faite de blessures coloniales et de destins entremêlés.
En mêlant archives rares, témoignages de premier plan et récits personnels, le documentaire capte un moment de bascule historique : celui où l’ancien protectorat refuse désormais le rôle du « petit frère » et défie l’ancienne puissance coloniale.
Un duel cinématographique entre héritage et émancipation, où les histoires humaines rattrapent la grande histoire.
Les intervenants :
- Leïla Slimani - Ecrivaine franco-marocaine
- Tahar Ben Jelloun - Ecrivain, peintre et poète franco-marocain
- Nicolas Sarkozy - Président de la République de 2007 à 2012
- Bernard Bajolet - Directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) de 2013 à 2017
- François Hollande - Président de la République de 2012 à 2017
- Abdellatif Laâbi - Poète et écrivain marocain
- Hicham Mansouri - Journaliste marocain réfugié en France
- Dominique de Villepin - Premier ministre de 2005 à 2007
- Najat Vallaud-Bellkacem - Ministre de l'Education nationale de 2014 à 2017
- Elisabeth Guigou - Ministre de la Justice de 1997 à 2000
- Nesrine Slaoui - Journaliste et autrice franco-marocaine
- Laurent Richard - Journaliste et fondateur de Forbidden Stories
- Sophie des Déserts - Journaliste à Libération
En seconde partie de soirée dans "La case du siècle"
23:05 Mohammed V, père de l'indépendance marocaine
Dans la grande Histoire des décolonisations, la destinée du Maroc tranche avec celle de ses pays voisins.
Pour la comprendre, il faut se plonger dans la spécificité de ce pays, revenir sur la manière dont il est entré sous l'autorité française. Le Maroc n'a jamais été une colonie, mais un protectorat. Si Paris exerce une tutelle, un sultan marocain, descendant de la dynastie alaouite, conserve officiellement une autorité, et représente les Marocains.
À partir de 1912, des milliers de Français, issus pour la plupart des classes moyennes et supérieures, s'installent au royaume chérifien. Ils cohabitent avec les Marocains de manière harmonieuse. Du moins, en apparence… Car lorsque le Maroc exprime sa volonté d'indépendance, l’autorité coloniale refuse catégoriquement. Guérilla urbaine, répression, exils forcés dessinent des années de lutte pour la liberté. Au cœur de cette histoire, une figure émerge : Sidi Mohammed, sultan investi sur le trône en 1927. La trajectoire de cet homme fascine : de jeune souverain aux mains liées, supposé docile, il devient au fil des années, une figure de résistance en exil, emblème de l’émancipation marocaine.
Et lorsque les Français, traumatisés par la guerre d'Indochine et embourbés dans celle de l'Algérie, accordent l'indépendance au peuple marocain, l'ancien sultan devient roi, prend le nom de Mohammed V. Et contrairement à ses voisins, il décide de prendre immédiatement l'habit de réconciliateur : certains Français restent vivre au Maroc après 1956, et le lien entre les deux pays ne s'est, jusqu'à aujourd'hui, jamais rompu.


































