“Grands Reportages” en immersion à la prison pour femmes de Rennes, dimanche 25 août sur TF1

Mis en ligne par samedi 24 août 2019 6499
“Grands Reportages” en immersion à la prison pour femmes de Rennes, dimanche 25 août sur TF1

Le centre pénitentiaire pour femmes de Rennes est la plus grande prison pour femmes d’Europe. Son architecture particulière confère à cette vieille prison des allures de couvent. Hormis un petit quartier "maison d'arrêt", l'établissement a vocation à accueillir les longues peines. La plupart des femmes qui y sont détenues ont commis des crimes. Exceptionnellement, une équipe de “Grands Reportages” a été autorisée à filmer ces détenues à visage découvert. Elle a recueilli, pendant six mois, la parole de ces femmes condamnées à de très longues peines.

Le documentaire commence par la présentation des femmes…chacune, face caméra.
"Je m'appelle Mélanie, j'ai trente-deux ans, j'ai été condamnée à vingt ans de réclusion pour complicité d'assassinat," déclare la première, une brune aux grands yeux sombres.
"Je m'appelle Bérangère, j'ai été condamnée à dix ans d'emprisonnement", poursuit une grande jeune femme aux cheveux ras. Et puis vient le tour d'une femme d'âge mûr, Betty, qui purge une peine de dix-huit ans pour assassinat.

Au fil des jours en prison, la caméra suit ces prisonnières dans les couloirs et jusque dans leur cellule, où elles "font leur vie".
" J'ai mesuré, ma cellule fait très exactement 7, 35 mètres carrés", précise Betty en faisant la visite de son univers.

Les trois quarts des femmes détenues au centre pénitentiaire des femmes de Rennes travaillent. À l'Entretien des bâtiments, aux cuisines, ou à l'atelier de confection où elles cousent les uniformes des surveillants. La plupart sont payées à la tâche : 21 centimes pour coudre les poches d'un pantalon, 24 centimes pour une fermeture à glissières, soit entre 300 et 600 euros de revenus par mois, dont une partie sert à dédommager les victimes.

"À l'atelier je me sens bien car je n'ai pas l'impression d'être en détention, je suis au travail, donc ailleurs", explique Betty, penchée sur les coutures d'un pantalon, elle qui était avant sa condamnation secrétaire de direction.

En prison, une année dure 365 jours qui se ressemblent tous. Les journées sont rythmées par l'ouverture des portes des cellules le matin, le départ aux ateliers, puis les horaires des repas – la gamelle – servis aux détenues par d'autres détenues. Mélanie, ancienne vendeuse dans un supermarché, se souvient de ses premiers pas dans l'univers carcéral. La vie a basculé de cette mère de trois jeunes enfants a basculé un jour de juillet 2010 :
" Mes premiers pas dans la prison, ce qui m'a marqué, c'est l'odeur. Et aussi les bruits. Quand les gendarmes m'ont dit ' vous partez pour un long moment', j'ai dit : je crois bien que oui, alors on y va ! ça voulait dire pour moi que je perdais tout, ma famille, mes enfants. "

Pourquoi ces femmes condamnées à de lourdes peines acceptent-elles de se montrer devant la caméra ?
"Pour montrer qu'on des gens comme tout le monde et que ce qui nous arrive peut arriver à tout le monde", poursuit Mélanie "On a tous une part d'ombre, et dans la vie parfois, il suffit d'une étincelle pour que cette part se déclenche", ajoute-t-elle.

Une surveillante qui a trente ans de métier, fait la visite des couloirs et explique l'état psychologique désastreux des détenues qui arrivent ici : "la prison, c'est une microsociété, mais c'est beaucoup de souffrance", conclut-elle. Parmi les 145 surveillants en uniforme qui travaillent ici, seuls les personnels féminins sont au contact direct des détenues.

Après plusieurs années de détention, Bérangère, la voisine de cellule de Mélanie, obtient une permission de sortir, afin de suivre un stage d'insertion professionnelle. La caméra la suit "dehors", à l'extérieur de la prison, dans la rue, dans le bus, vers ce réapprentissage délicat de l'autonomie. "En prison, on est très assisté, on a tendance à se laisser aller".

Et puis, il y a aussi ces petits moments de grâce en prison, lorsque les détenues font la cuisine entre elles pour améliorer l'ordinaire, ou bien encore cet étonnant moment d'intimité capté par la caméra, chez le coiffeur de la prison. Avec des détenues qui se font coiffer pour la première fois depuis des années et ouvrent pudiquement leur âme à l'équipe de Grands Reportages :
"Depuis que je suis incarcérée je ne me coupe plus les cheveux, explique Betty. Je ne les couperai que lorsque je sortirai. Je sais qu'ils seront alors très longs".
Un peu plus tard dans le reportage, la même détenue précise qu'elle compte les jours de prison :
"J'en suis à 1375 jours de détention. La date officielle de ma fin de peine c'est 2026."
Elle a été condamnée à dix-huit ans de réclusion.

Même s'il demeure lointain, l'horizon, pour toutes les longues peines, c'est la sortie. C'est l'idée qu'un jour ces détenues pourront retrouver la liberté qui les fait tenir.

Un “Grands Reportages” à revoir sur TF1 ce dimanche 25 août à 13:30.

Dernière modification le samedi, 24 août 2019 16:21