“Grands Reportages” : « Un été pour redresser la barre », samedi 26 septembre sur TF1

Mis en ligne par jeudi 24 septembre 2020 1102
“Grands Reportages” : « Un été pour redresser la barre », samedi 26 septembre sur TF1

En quelques mois l’épidémie de coronavirus a plongé l’industrie du tourisme dans la crise. Alors que la France accueillait en 2019 près de 90 millions de touristes, cette année, c’est tout un secteur qui risque de s’effondrer.
A la veille de la saison estivale, restaurateurs, hôteliers, commerçants, tous ont joué leur survie, redoublant d’imagination pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Pendant plusieurs mois une équipe de “Grands Reportages” a suivi des restaurateurs en Haute-Savoie, des poissonniers dans l’Hérault, des gérants de station-service dans la Drôme et le patron d’un hôtel de luxe en Corse. Tous se sont donnés l’été pour redresser la barre.

C’est le cas de Sylvia et Louis Briffard. Ces deux jeunes Savoyards ont engagé il y a deux ans toutes leurs économies pour faire de la maison familiale un restaurant convivial en Haute-Savoie. Jamais ils n’auraient imaginé qu’un jour, le gouvernement allait leur ordonner de fermer leur établissement pendant plus de deux mois, à cause d’un virus. « C’est une catastrophe, on a perdu des mois et des mois de trésorerie, on était bien, on fonctionnait bien. A cause de cette crise, on ne va pas faire de bénéfices l’année prochaine, et peut-être l’année d’après… Et encore, on a de la chance de pouvoir être encore là. »
Comment ce frère et cette sœur, qui commençaient tout juste à pouvoir vivre de leur activité, vont-ils se relever de ces 2 mois à l’arrêt ?

A Béziers, la famille Barba, poissonniers depuis 5 générations, se retrouve, à cause de cette crise, avec d’énormes stocks de marchandises qui risquent de partir à la benne. Comme beaucoup de commerçants de bouche, ils avaient passé une très grosse commande cet hiver, juste avant le confinement, pour approvisionner les restaurateurs en prévision de la belle saison… Aujourd’hui, ils doivent à tout prix trouver un moyen d’écouler cette marchandise pour qu’elle ne se transforme pas en perte sèche pour la poissonnerie familiale. Alors que Bernard, le fils, venait tout juste de prendre les rênes de l’affaire familiale, il va devoir tout miser sur la saison estivale pour sauver son chiffre d’affaires. « Il faut que je trouve de nouveaux clients sur la côte. Cela ne va pas être facile car la concurrence va vouloir faire pareil. Pour l’instant on se bat. Cela fera mal au cœur si je perds cette bataille car c’est le nom et la réputation de ma famille qui sont en jeu ».

Ludivine et Franck Vanhaede vivent et travaillent ensemble. Ils gèrent l’aire de Porte-lès-Valence, dans la Drôme, une gigantesque station dans laquelle ils avaient investi toutes leurs économies il y a 5 ans. Située sur l’A7, l’autoroute des vacances, leur station a été très fortement impactée par le confinement et les interdictions de circuler. Du jour au lendemain, ils ont perdu 90% de leur fréquentation : « Il aurait été plus rentable pour nous de fermer ! Mais nous sommes un commerce d’utilité publique, nous n’avions pas le choix. » Cet été, si les vacanciers ne reviennent pas, leur affaire pourrait être en danger : « Notre crainte aujourd’hui c’est de devoir revivre un confinement, là les choses deviendront vraiment compliquées pour nous. » Entre leurs difficultés à faire respecter le port du masque et leurs incertitudes quant à leur avenir, ils vivent sans doute un des moments les plus stressants de leur vie.

Sylvain Guidicelli possède un des plus beaux hôtels du Cap Corse : 29 chambres et 7 villas de luxe, toutes vues mer… Une destination 5 étoiles, prisée par une clientèle internationale huppée. Un hôtel qu’il avait entièrement rénové il y a 4 ans, et qui commençait tout juste à prendre son rythme de croisière. Mais en mars dernier, toutes les réservations ont été brutalement annulées. En dépit des incertitudes, Sylvain a décidé d’ouvrir en un temps record et avec un personnel réduit au strict minimum : « Emmanuel Macron a dit « c’est comme si on était en guerre » et bien nous on a décidé de tenir le coup, comme si c’était la guerre. Et d’ouvrir quoi qu’il se passe ! » Pour le jeune propriétaire, c’est aussi une manière de soutenir l’économie locale, basée sur le tourisme. Mais il ignore s’il parviendra à offrir à ses clients une parenthèse idyllique.

Pour eux comme pour les autres, la course contre la montre commence : ils ont un été pour redresser la barre.