Vices dissimulés, arnaques, retards et malfaçons… L’univers de l’immobilier peut s’avérer parfois impitoyable. Et quand il s’agit d’obtenir réparation, le rapport de force est souvent inégal.
Pendant plusieurs mois, une équipe de "Grands Reportages" a enquêté sur la face cachée de ce secteur aux côtés d’acheteurs embourbés dans leurs travaux, de propriétaires lésés par certains promoteurs ou artisans peu scrupuleux, ou de victimes de mauvais investissements.
2ème épisode :
Marie et Jérôme avaient un rêve, faire construire une maison pour y voir grandir leurs enfants. Il y a deux ans, ce couple de trentenaires s’engage dans un prêt sur 25 ans et fait appel à un grand constructeur pour réaliser ce projet. Mais depuis, les retards et les malfaçons s’enchainent : « Est-ce que la maison ne va pas nous tomber sur la tête dans 5 ans parce qu’il y a quelque chose qui a été mal fait ? » Face à leur inquiétude, le conducteur de travaux ne se démonte pas : « On sous-traite, du coup, il y a toujours des problèmes. C’est compliqué pour nous aussi ! »
Jean-Paul, le retraité victime d’un abandon de chantier, ne sait toujours pas s’il habitera un jour dans la maison pour laquelle il a investi toutes ses économies. Il attend de pied ferme, la visite d’un nouvel entrepreneur pour établir un devis détaillé des travaux restants. La facture s’annonce salée : « L'argent qu'on me demande, je ne l'ai pas, je ne l'ai pas du tout ! » l'réquipe de "Grands Reportages" a enquêté et retrouvé la trace du constructeur qui l’a abandonné après avoir encaissé ses 130 000 euros d’acompte.
Chrystel et Camille, eux, ont été abusées par un marchand de biens malhonnête qui leur a vendu des ruines. L’un des biens dans lequel elles ont investi est aujourd’hui si délabré qu’il va falloir payer pour le détruire. « Je n’ose même pas imaginer le prix ! Je suis déjà en surendettement » Pour elles et les dizaines d’autres victimes, c’est la facture de trop ! Laurent, floué, lui à hauteur de 300 000 euros, va mener sa propre enquête pour trouver où se cache le Madoff de Vichy… « C'est un serpent. Il se cache. Il a abusé de ma confiance pour me spolier ! Qu'il ait ouvertement le courage de me le dire dans les yeux. »
Victimes de l’incompétence d’une plateforme de courtage en travaux qui vantaient « une rénovation sans soucis », Olga et Sylvain, les musiciens, ont trouvé un entrepreneur qui accepte de reprendre leur chantier sinistré : Mais il va falloir encore sortir de l’argent. « C'est hallucinant ! A chaque fois que je parle avec un artisan j’en apprends sur les malfaçons ! Il n'y a pas eu le chef d'équipe, il n’y a pas eu le chef du chantier. Personne pour coordonner. Donc tout le monde s'est laissé aller. Voilà le résultat ! »
Liliana et Damien, eux, ne se sont rendus compte de rien, jusqu’à la veille de la signature définitive de leur achat immobilier. Mais le jour J, ils apprennent par le notaire que l’argent qu’ils avaient laissé à l’agent immobilier pour réserver la maison a été détourné par … lui-même ! « T’as économisé pour avoir ce que tu veux et du jour au lendemain on te dit non fin t’as plus rien ! » 32 000 euros envolés, une vente annulée et des ennuis qui ne font que commencer. Le logement qu’ils occupent alors est déjà vendu, la famille se retrouve à la rue avec ses 5 enfants…
3ème épisode :
Damien et Liliana pensaient acheter la maison de leur rêve mais la veille de la signature chez le notaire, la vente a été annulée. L’agent immobilier s’est envolé avec l’argent de leur dépôt de garantie : 32 000€. Ils se sont donc rabattus sur une maison à rénover, plus petite et moins chère, pour y installer rapidement leur famille recomposée. « On est bouleversés parce que, non seulement, on a perdu de l’argent, et là, on se retrouve à travailler comme des fous ! » Liliana tente d’obtenir justice grâce à un collectif de victimes … “Notre escroc s’est retourné vers nous, nous a bien toisés avec son petit sourire et s'est foutu de nous !”
Après un an et demi de retard de livraison de leur maison, Marie et Jérôme, un couple de trentenaires, n’ont toujours aucune perspective d’emménagement. Ils voient leur épargne s’envoler et leur projet de vie avec : « C'est des années d'économies, ils cassent notre rêve, et ils s’en foutent ! » Ils vont tenter un ultime coût de pression auprès du constructeur : “Il va falloir se bagarrer ! On va passer aux choses sérieuses !”.
Laurent est l’une des victimes de l’escroc que l’on surnomme “Le Madoff de Vichy”. Ruiné après avoir perdu plus de 300 000€, il se lance sur la piste de celui qu’il tient pour responsable. Il va tenter de le localiser. “J'ai l'impression d'être détective, policier, juge d'instruction depuis treize ans. C'est bouleversant.” Et ce qu’il va découvrir dépasse l’entendement : « Il n'a aucune morale, c’est un truc de malade ! ».
Pour les retraités, Jean-Paul et Nadine, dont le chantier a été abandonné après avoir versé 130 000 euros d’acompte, l’heure est au bilan. Car les factures s’accumulent : “Pour l’instant, c’est plus une vie, c’est une survie.” Les travaux pour reprendre le chantier et achever le gros œuvre viennent d’être fixés à 110 000 euros. « On a 75 ans, qui va nous prêter cet argent ? ». Ils comptent sur Raynald Herbette, expert en bâtiment, pour les sortir de cette passe difficile.
































