Chaque semaine, l’équipe du magazine "Envoyé spécial" nous entraîne dans ses aventures journalistiques, avec de l’investigation, des rencontres inédites, des face-à-face, des focus, du grand reportage, des portraits fouillés…
De grands reportages pour mieux faire comprendre le monde et ce qu’il devient, des "histoires humaines" et des enquêtes pour approfondir ce qui a fait l’actualité.
Et toujours des reportages à l’étranger pour emmener le téléspectateur où il ne peut pas aller.
Sommaire du jeudi 22 janvier 2026 :
Dealers : main basse sur la ville
Ils distribuent des fournitures scolaires, des cadeaux de Noël, aident à payer les courses, installent des châteaux gonflables, offrent barbe à papa et sandwiches gratuits aux enfants des cités.
En France, les dealers ne se contentent plus de vendre de la drogue : ils se substituent parfois aux services publics. Un contre-pouvoir qui séduit de plus en plus les habitants démunis.
Mais jusqu’à quel point les maires peuvent-ils tenir face à des réseaux qui se posent en “services sociaux parallèles” ? Peut-on encore parler d’autorité républicaine quand la population s’habitue à dépendre des trafiquants pour ses loisirs ou son quotidien ? Jusqu’où les dealers vont-ils pour tenir les villes ?
Envoyé Spécial a enquêté dans plusieurs villes de France, auprès des dealers, des habitants et des maires.
Un reportage de Julie Trinquet, Samir Benguennouna, Jawar Nadi et Alexandra Diaz - Particules Doc.
PV : le jackpot des mairies
C’est un sujet particulièrement sensible, à l’approche des élections municipales : le stationnement payant.
Autrefois cantonné aux grandes villes, il se répand partout en France, jusqu’aux plus petites communes. Selon les maires qui l’adoptent, il sert à redynamiser les centres-villes, à lutter contre les voitures-ventouses, et à promouvoir le vélo et les transports en commun. Mais derrière ces arguments, il y a aussi et surtout une manne financière qui ne cesse d’augmenter, pour dépasser désormais le milliard d’euros par an.
Les contrôles automatisés ne laissent plus de place au hasard. Alors pour les automobilistes distraits, il n’y a plus moyen d’y échapper, à moins de frauder… À Paris par exemple, le nombre de tickets handicapés, gratuits, a curieusement beaucoup augmenté avec des techniques de fraudes bien rodées.
Face aux tarifs, parfois prohibitifs, la grogne s’étend, comme à Brignoles, petite ville du Var où le passage au stationnement payant pourrait coûter au maire sa réélection. À Strasbourg, la municipalité écologiste défend son bilan, face à des opposants qui dénoncent des mesures pénalisantes pour les foyers les plus modestes. Résultat, de plus en plus de Français contestent les amendes qu'ils reçoivent. Le Tribunal du stationnement payant situé à Limoges, en Haute-Vienne, nous a exceptionnellement ouvert ses portes. Il croule sous les procédures : le délai de traitement est d’environ 2 ans.
La polémique touche aussi les hôpitaux. Le parking est désormais payant dans plus des deux tiers d’entre eux. L’argent des patients et des soignants qui viennent en voiture profite aux géants du stationnement, comme Indigo, Effia, ou Q-Park. Inacceptable pour plusieurs syndicats et députés, qui estiment qu’il y va de l’accès à un service public fondamental.
Un reportage de Nicolas de Labareyre - Kraken Films.
Encombrants : de l'or dans nos poubelles
Chaque année, nous jetons 3,5 millions de tonnes d’encombrants, soit près de 10% de nos déchets ménagers. Meubles en tous genres, bibelots volumineux, sommiers, matelas, ferraille, bois et même lave-linge, lave-vaisselle, frigos : tout ce qu’il n’est pas possible de jeter à la poubelle.
À Bougival dans les Yvelines, Sophie et son fils Martin font le tri chez eux une fois par mois. Comme pour la moitié des Français, leurs encombrants seront ramassés devant leur porte. Mais avant que le service de collecte ne passe tout ramasser, une immense chasse au trésor commence, car une fois dans la rue, ces objets peuvent être récupérés par n’importe qui en toute légalité.
Avec la crise économique, de plus en plus de français y trouvent un complément de revenus. Bénédicte, 49 ans, éditrice à compte d’auteur, ne rate jamais l’occasion d’aller glaner dans la rue. Chaque mardi, après le travail, elle prend le train avec son caddie pour arpenter les quartiers huppés des Hauts-de-Seine. Elle revend ensuite ses trouvailles sur internet, qui lui rapportent jusqu’à 200 euros par mois.
Mais les plus organisés dans cette chasse aux encombrants, ce sont les ferrailleurs. Souvent issus de la communauté Rom, ils sont des centaines chaque soir à sillonner les rues dans leurs camionnettes hors d’âge. Cercl, la quarantaine fait cinq tournées par semaine et doit être le plus rapide s’il veut remplir son camion. Dans le Val-de-Marne, à la Queue-en-brie, un camp de Roms subsiste quasi exclusivement grâce au business des encombrants.
Comme la trentaine de familles qui vit sur place, Adrian a construit et meublé son baraquement grâce à ce qu’il a récupéré et surtout, avec ses collègues, il collecte des dizaines de tonnes de ferraille qu’ils revendent ensuite. Chaque tonne leur rapporte au minimum 150€, et cela peut monter jusqu’à 4000 euros pour une tonne de cuivre…
Une économie souterraine du recyclage sauvage, qui fait chaque année des milliers d’heureux.
Un reportage de Paul Labrosse, Emmanuelle Msika, Charles Maumy, PierreFrançois Lemonnier et Alexandre Froment - FTV Presse.
Sous les prisons, la plage
Pour la première fois depuis près d’un an, une équipe d’Envoyé Spécial a pénétré au cœur du CECOT, la prison la plus sécurisée du Salvador, emblème de la guerre totale contre les gangs.
Le reportage plonge dans les deux visages du pays : d’un côté, une pacification radicale qui a fait du Salvador une destination touristique prisée; de l’autre, un régime d’exception au coût humain terrifiant.
À travers des témoignages exclusifs de familles d’innocents emprisonnés et d’anciens détenus, Envoyé Spécial révèle la réalité derrière le pays au taux d’incarcération le plus élevé au monde.
Une immersion inédite dans un pays devenu un mirage sécuritaire.
Un reportage de Sonia Sadone, Elodie Delevoye et Antonin Benard.


































