17:30 L'invité de "C dans l'air"
Caroline Roux reçoit en direct une personnalité qui fait l'actualité. Hommes et femmes politiques, écrivains, philosophes, scientifiques ou économistes : 10 minutes de dialogue pour donner un éclairage en prise directe avec l'information du jour.
Ce jeudi 16 avril 2026, Caroline Roux reçoit Virginie Vilar, grand reporter pour Complément d'Enquête sur France Télévisions. Elle a réalisé "Jeffrey Epstein, une affaire française ?", diffusé ce soir à 23:00 sur France 2. Elle suit cette affaire depuis plusieurs années.
Trois mois après la mise en ligne des "Epstein Files" par le ministère de la Justice américain, l'affaire Epstein n'en finit pas de dévoiler de nouvelles zones d'ombre. Les trois millions de documents révélés ont mis en lumière l'ampleur des crimes sexuels présumés de l'Américain, retrouvé pendu dans sa cellule à New York en août 2019, avant son jugement. Complément d'enquête s'intéresse, jeudi 16 avril, au volet français de l'affaire ouvert en 2019.
Ce soir, le magazine révèle notamment qu'en 2019, les enquêteurs français ont découvert un tableur informatique au domicile de l'avenue Foch du millionnaire, à Paris, listant les noms de 62 jeunes femmes, souvent mineures, accompagnés de commentaires sur leur âge, et ce qu'elles ont subi. Qu'est devenu ce document ? À-t-il été transmis à la justice américaine ?
17:45 "C dans l'air"
Caroline Roux décryptera en direct l'actualité en compagnie de quatre experts. En fin d'émission, ils répondent aux questions des téléspectateurs.
Les experts invités :
Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU.
Daphné Benoit, cheffe du pôle international de l’AFP, ex-correspondante défense à Paris et au Pentagone.
Marion Van Renterghem, grand reporter, chroniqueuse à L’Express.
Philippe Gelie, directeur adjoint de la rédaction du Figaro.
Le thème de l'émission :
Que se passe-t-il en Russie ? Fait rare, Vladimir Poutine a reconnu hier que l’économie russe est dans le rouge, sonne l'alarme et réclame des "mesures supplémentaires afin de relancer la croissance". Ce n’est pas anodin. Depuis des mois, les sanctions, le coût de la guerre et l’isolement international pèsent lourd. Concrètement, cela se traduit par un fort ralentissement de l’économie russe, de l’inflation, et un déficit budgétaire qui dépasse déjà les prévisions pour l'année entière.
Les dépenses militaires colossales au profit de l'armée russe engagée dans le conflit en Ukraine ne suffisent plus à tirer l'économie. En 2025, le PIB russe avait augmenté de 1 %, un rythme de croissance bien plus lent qu'en 2024 (4,3%) et les recettes tirées des exportations d'hydrocarbures ont plongé de 45,4 % en janvier-mars par rapport à la même période de l'année précédente, selon les données du ministère russe des Finances publiées début avril. Moscou étant contraint de brader depuis des mois son or noir.
Et puis il y a le pari stratégique autour de la guerre en Iran. Sur le papier, Moscou pouvait y voir une opportunité — détourner l’attention de l’Ukraine, rééquilibrer le rapport de force. Dans les faits, c’est plus compliqué. L’instabilité s’étend, les bénéfices sont pour l’instant limités, et la Russie doit s’adapter. Résultat : le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, s’active, multiplie les contacts. Il s’est rendu cette semaine à Pékin pour affirmer la proximité de la Russie et la Chine, et porter un message : la Russie est prête à "compenser" le déficit de ressources énergétiques que l’empire du Milieu subirait à cause du conflit. Parallèlement, Vladimir Poutine a proposé d’accueillir l’uranium enrichi iranien en Russie dans le cadre d’un éventuel accord de paix entre Washington et Téhéran qui pour l’instant semble encore loin d’être scellé. De retour d’Iran le ministère des Affaires étrangères du Pakistan a indiqué ce jeudi qu’aucune date n’avait été fixée pour la prochaine série de négociations.
Sur le terrain ukrainien, là aussi, pas de bascule. Les lignes bougent peu. Les avancées russes sont lentes, coûteuses, sans victoire décisive. On est dans une guerre d’usure. Et à l’intérieur du pays, un autre signal : les coupures d’Internet. Elles se multiplient, officiellement pour des raisons de sécurité. Mais elles disent aussi quelque chose d’un pouvoir qui contrôle davantage, dans un contexte de tension durable.
En face, l’Ukraine s’inquiète du risque d’un manque d’armes, mais tient. Et même, innove. Notamment avec une nouvelle génération de drones, plus autonomes, plus précis, et des robots terrestres. Le président ukrainien a ainsi annoncé lundi 13 avril que "pour la première fois dans l'histoire de cette guerre, une position ennemie a été prise exclusivement par des véhicules terrestres sans équipage et des drones". C’est un point clé : la technologie devient un levier pour compenser un déséquilibre militaire.
Aux États-Unis, là aussi, la situation de Donald Trump se complique, notamment à cause de la guerre en Iran. Au départ, une démonstration de force. Aujourd’hui, des questions. Le blocus des États-Unis dans le détroit d'Ormuz est entré en vigueur. Mais pour combien de temps ? Pour quels objectifs ? Et avec quelles conséquences ? Les critiques montent, y compris chez les vétérans et dans son propre camp. Certains républicains dénoncent une contradiction avec la doctrine « America First » et redoutent le coût politique d’un conflit prolongé à six mois des midterms. En 2024, Donald Trump avait formé une coalition aussi immense qu’hétéroclite. Mais un an plus tard, entre interventionnisme en Iran, choc protectionniste et outrances verbales, le vernis craque, et de plus en plus d’Américains mécontents se font entendre.
Autre signal politique, cette fois en Europe : la défaite de Viktor Orbán en Hongrie. Un revers important pour celui qui était considéré comme un allié stratégique de Moscou et un point d’appui pour l’administration Trump. Le vice-président états-unien J.D. Vance était d’ailleurs allé soutenir Viktor Orbán sur place la semaine dernière et Donald Trump lui-même s'était exprimé par téléphone lors d'un des meetings de sa campagne. Cette défaite affaiblit un relais politique clé au sein de l’Union européenne, et envoie un message plus large : les lignes peuvent bouger, y compris dans des pays où le pouvoir semblait solidement installé. Pour Vladimir Poutine comme pour l’entourage de Donald Trump, c’est une perte d’influence indirecte mais réelle.
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