L'histoire en quelques lignes...
C'est l'histoire de David "Noodles" Aaronson et de sa bande de copains, des gamins des bas-fonds juifs du Lower East Side de New York dans les années 1920.
En plein cœur de la Prohibition, ces gamins des rues passent du statut de petits pickpockets à celui de caïds impitoyables du crime organisé. Mené par Noodles et son alter ego, le très ambitieux Max, le groupe bâtit un empire. Mais le pouvoir, l'argent, et surtout une trahison tragique font voler leur fraternité en éclats en 1933.
Trente-cinq ans plus tard, en 1968, Noodles — vieilli, brisé et hanté par les fantômes de son passé — revient à New York après un long exil. Il est invité par un mystérieux commanditaire à solder les comptes du passé et à découvrir la vérité sur ce qui s'est réellement passé la nuit où tout a basculé.
Fascination
Ultime volet de la trilogie sur les périodes clés de l'histoire américaine et dernier film de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique a connu un tournage épique, à son image. Il s'est étalé sur plus d'un an et, une fois terminé, le film durait une heure quarante de plus que prévu. Hollywood imposa des coupes drastiques au détriment du scénario, fondé sur un entremêlement de flash-back. Mais en Europe, les distributeurs se montrèrent compréhensifs, en particulier en France, qui diffusa l'œuvre dans la version souhaitée par Leone. De même qu'il s'est saisi du western pour lui imprimer son sens de la démesure, son maniérisme et son lyrisme, le réalisateur surprend son public en réservant le même traitement au thriller.
Dans un Lower East Side reconstitué avec une fervente précision, magnifié par l'audacieuse BO de Morricone – curieusement la flûte de pan s'harmonise parfaitement avec l'univers de la pègre –, les gangsters prennent leur temps pour dégainer, et font, avec une géniale nonchalance, des moues qui n'augurent rien de bon. Le réalisateur démiurge manipule l'espace et le temps avec une liberté totale, et la fin, semblable au début, peut suggérer que ce qui s'est passé entre les deux n'est qu'une fantasmagorie née de l'esprit embrumé d'opium de Noodles.
Plus de quarante ans après, le film garde son pouvoir de fascination. Il aura entre-temps inspiré plusieurs cinéastes, à commencer par Scorsese qui recrutera les mêmes Joe Pesci et Robert De Niro pour Les affranchis et Casino.



































