Au cœur des Alpes, les chiffres sont sans appel : la température y a augmenté de 2 °C depuis 1950. Et le rythme est bien plus rapide que dans les autres régions françaises, surtout en moyenne montagne. Les flocons ne s’invitent plus à Noël et la saison hivernale fond comme neige au soleil.
Adrien Gavazzi part à la rencontre de femmes et d’hommes qui se battent pour promouvoir et vivre autrement à la montagne. Une approche 4 saisons, raisonnée VS la course perpétuelle vers le toujours plus haut.
C’est le cas de Gilles, musher dans les Alpes du Sud. Il développe son activité au cœur du Domaine de La Draye. Changement de vie radical pour cet ancien informaticien et qui a tout plaqué pour vivre avec ses chiens au plus près de la nature. Une nature qui change, d’années en années. « Là, vous avez de la chance, il a neigé la semaine dernière. Mais à Noël, on a dû faire sans le trésor blanc, dont le filon se raréfie au fil du temps ».
Ce qui n’empêche pas Gilles d’y croire, comme Luc. Lui aussi a quitté sa Provence natale pour reprendre le gîte du domaine. Un bar et un hôtel comme un phare dans la nuit. Ici, les skieurs de fond peuvent se réchauffer après une journée passée sur les pistes. Pistes que Luc entretien lui-même avec la dameuse achetée grâce à une cagnotte en ligne. « La Draye revit et ça fait vraiment plaisir ! »
À quelques kilomètres de là, la station de Céüze. Une station fantôme comme nos montagnes offrent à en voir de plus en plus. L’exemple de Céüze est caractéristique d’une économie à bout de souffle, mono-industrie trahie par l’absence répétée des flocons. Geneviève habite depuis toujours dans la station. Elle montre à Adrien Gavazzi son dernier Pass acheté en 2016. « Franchement, ça a été un choc la disparition du ski et avec elle la population qui vivait de sa pratique ».
Sur les pistes, un skieur défie le temps et s’amuse, seul. Il croise Adrien et Fiona, la présidente de Mountain Wilderness France. Avec ses adhérents, l’association apporte son expertise dans la déconstruction des structures des stations devenues obsolètes. Elle privilégie une autre approche de la montagne, plus raisonnée et respectueuse. « Il faut arrêter de vouloir aller plus vite, plus haut. Et savoir regarder la nature autrement. Elle offre tellement de richesses ! »
Observer la nature, c’est tout le travail de Claire, la guide du Parc des Ecrins où se termine le voyage d’Adrien. Son rôle ? Sensibiliser tous les publics au respect de la faune et de la flore, que ce soit l’hiver ou l’été. « Les animaux ou les végétaux sauront toujours s’adapter. Il faut que l’homme accomplisse sa mue et accepte. Il y a urgence ! »


































