"Les soldats français du Reich" : De la LVF à la Division Charlemagne, mardi 17 mars 2026 sur Arte

jean marc.verdrel Par Jean-Marc VERDREL | Rédacteur, expert de la TV
Publié dimanche 15 mars 2026 192
"Les soldats français du Reich" : De la LVF à la Division Charlemagne, mardi 17 mars 2026 sur Arte

Mardi 17 mars 2026 à 20:55, Arte diffusera "Les soldats français du Reich" un documentaire inédit qui explore un chapitre méconnu de l’histoire de la collaboration militaire et de l’extrême droite française.

Engagés dans la LVF, ils ont assisté et pris part aux crimes de masse perpétrés sur le front de l’Est. Dans les rangs de la Milice, ils ont traqué les résistants sur le territoire national. D’autres, sous l’uniforme de la SS, furent parmi les derniers à défendre Berlin.

Retraçant les trajectoires d’une poignée d’entre eux, au travers de récits intimes et de témoignages – à l’instar de celui du journaliste Philippe Douroux sur l’itinéraire de son père –, d’extraits d’interviews qu’ils ont données (à l’instar du futur impresario de Dalida Christian Lamazière, interrogé aussi dans Le chagrin et la pitié de Marcel Ophuls), mais aussi des procès-verbaux d’interrogatoires de police ou des minutes de procès qui se tinrent après-guerre – même si nombre d’entre eux échappèrent à l’épuration –, ce documentaire en deux parties, nourri d’éclairages d’historiens (Tal Bruttmann, Christian Ingrao, Johann Chapoutot, Masha Cerovic, Marie Moutier-Bitan…), explore le chapitre méconnu de la collaboration militaire, ainsi que le rôle qu’y joua l’extrême droite française.

20:55  Partie 1

Ayant rompu le pacte germano-soviétique, l’armée allemande s’enfonce en URSS depuis le 22 juin 1941. Au fil des semaines, des volontaires de toute l’Europe s’engagent pour combattre à ses côtés.

En France, la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), une association régie par la loi de 1901, tient le 18 juillet un grand meeting au Vélodrome d’hiver afin de recruter. À la tribune, Jacques Doriot, le chef du Parti populaire français, exhorte les 15 000 spectateurs : "Si la France veut rester une puissance européenne et mondiale, si la France veut rester digne de l'Europe, il faut qu'elle se batte avec elle contre le bolchevisme." Son appel est entendu notamment par Dominique Brunelli. Ce père de famille de 34 ans, qui consignera le récit de son engagement dans un carnet, fait partie du premier contingent de légionnaires français ayant rejoint le front de l’Est, début septembre.

Après plusieurs semaines d’instruction militaire en Pologne, les Français du 638e régiment d’infanterie de la Wehrmacht entrent en guerre. Sous l’uniforme allemand, un écusson tricolore sur le bras, ils seront les témoins et parfois les acteurs des exactions et des crimes de masse perpétrés contre les populations civiles (surtout juives) en Pologne, en Biélorussie ou en Russie. "J'ai fait pendre à tour de bras toute la racaille juive qui a pu me tomber sous la main", écrit au docteur Ménétrel, le médecin personnel de Philippe Pétain, le légionnaire Henri Lacroix.

21:55  Partie 2

Le débarquement des Alliés en Afrique du Nord et l'invasion de la zone libre, en novembre 1942, ont rebattu les cartes : Pétain est désormais le chef d'un État satellite du Reich, sans armée ni empire. La menace intérieure redevient une priorité.

En janvier 1943, Joseph Darnand crée la Milice, rejointe par plus de 30 000 fanatiques de la traque contre les juifs, les résistants, les francs-maçons, les communistes et les réfractaires au STO, le Service du travail obligatoire. Alors que la LVF peine à recruter, l’armée allemande entame, à l’été 1943, sa première grande retraite après la bataille de Koursk. Pour mobiliser de nouveaux combattants, Pierre Laval autorise par décret l’entrée de Français dans la Waffen-SS, une unité allemande de soldats d’élite. Ils seront près de 3 000 à s’engager. Parmi eux, le milicien Henri Fenet et le nationaliste Pierre Bousquet, qui, en 1972, déposera avec Jean-Marie Le Pen les statuts d’un nouveau parti : le Front national. Entré en janvier 1944 au gouvernement comme secrétaire général au Maintien de l’ordre, Darnand a carte blanche pour organiser la répression.

En février 1944, il rappelle le légionnaire Jean Bassompierre et lui confie la restructuration de la Milice. Ce dernier rejoindra les jusqu’au-boutistes de la sinistre division SS Charlemagne, qui livrera ses derniers combats lors de la bataille de Berlin…

Dernière modification le dimanche, 15 mars 2026 12:38
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Publié dans Documentaires, Mardi
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