Pédophilie dans l'église : la fin de l'omerta dans “Grands Reportages” ce 13 octobre sur TF1

Mis en ligne par vendredi 11 octobre 2019 1271
Pédophilie dans l'église : la fin de l'omerta dans “Grands Reportages” ce 13 octobre sur TF1

C’est l’histoire de centaines, peut-être même de milliers d’enfants, qui disent avoir été abusés par des hommes d’Eglise. Ils sont le plus souvent restés emmurés dans le silence pendant des décennies. Mais leur parole est en train de se libérer. Les enfants d'hier, aujourd'hui adultes, ont décidé d'agir, en justice quand ils le pouvaient, en écrivant des livres ou en témoignant dans des conférences. C’est un séisme dans l’Eglise française confrontée aux scandales à répétition. Certaines victimes exigent de savoir quelle est la responsabilité exacte de la hiérarchie dans ces affaires. La plupart de ces histoires sont anciennes mais cette enquête de “Grands Reportages” va aussi mettre en lumière des faits plus récents. Pendant plus de 9 mois les équipes de TF1 ont suivi plusieurs victimes présumées dans leur lente reconstruction.

A Massiac, dans le Cantal, une famille est dévastée. Sylvie et Christophe sont les parents de 7 enfants. Quatre d’entre eux auraient été abusés par l’ancien prêtre de la paroisse qu’ils fréquentaient entre 2014 et 2018. Philippe Pouzet, 64 ans, a été mis en examen et placé en détention provisoire. L’ancien prêtre était devenu très proche de la famille. Sylvie la mère, le confirme: « Il venait souvent à la maison et puis les enfants avaient tendance à l’appeler tonton.» Philippe Pouzet aurait-il sévi à d’autres moments de sa carrière ? C’est ce que cherche maintenant à savoir la justice.

Jean-François, un sexagénaire, dit avoir été abusé par le père Régis Peyrard quand il était adolescent lors d’un camp de vacances. Jean-François a longtemps occulté l’agression, ce que l’on appelle l’amnésie post-traumatique. Dans cette affaire, il y a de nombreuses autres victimes présumées. Si les faits sont prescrits pour Jean-François, un autre homme a pu porter plainte à temps. Jean-François assistera à ce procès et pourra voir Régis Peyrard sur le banc des prévenus. Cela sera-t-il suffisant pour se réparer ? Jean-François estime que l’institution n’assume toujours pas ses responsabilités malgré les scandales qui se succèdent : “J’ai une haine contre l’Eglise, ce n’est plus de la colère, c’est de la haine”.

Jean-Pierre, un Vendéen de 70 ans a trouvé un exutoire dans l’écriture. Dans son livre, il raconte son histoire, celle d’un enfant envoyé à 11 ans au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers. A cette époque, l'Eglise « recrute » massivement des enfants dans les familles pauvres de Vendée. Jean-Pierre est coupé des siens, éduqué à la dure mais ce n’est pas tout, il serait devenu une proie comme tant d’autres : « Il y a eu sûrement plus d’une centaine d’enfants abusés sur une trentaine d’années. » Le récit de Jean-Pierre a libéré la parole en Vendée. Robert, Gérard, Pierre et tant d’autres témoignent maintenant lors de conférences aux côtés de Jean-Pierre.

Olivier, 38 ans, est l'une des victimes de Pierre de Castelet. Il a 13 ans cet été 1993 quand ses parents l’envoient dans un camp organisé par le Mouvement eucharistique des jeunes dans les Pyrénées-Atlantiques. C’est là qu’il subira les attouchements de l’aumônier du camp. 25 ans après, les souvenirs sont encore vivaces : « Moi sur ce lit, j’étais sidéré, je ne pouvais plus bouger, j’étais un objet.» Après un long chemin, Olivier a fini par saisir la justice. Le prêtre est jugé aux côtés d’un évêque poursuivi pour non-dénonciation d’actes pédophiles. Cette affaire est révélatrice de la culture du silence au sein de l’Eglise.