“Reportages découverte” : « Je sauve mon entreprise », samedi 31 octobre sur TF1

Mis en ligne par jeudi 29 octobre 2020 2741
“Reportages découverte” : « Je sauve mon entreprise », samedi 31 octobre sur TF1

Chaque année en France, près de 50 000 entreprises connaissent des difficultés financières. Quand l’issue fatale approche, les patrons se font souvent discrets. Démunis, hantés par un sentiment de culpabilité, honteux face à cet échec, rares sont ceux qui acceptent, en pareille circonstance, qu’une caméra entre dans l’entreprise. Pourtant, nombre d’entre eux se battent jusqu’au dernier jour pour sauver ce qui peut encore l’être. Pendant près d’une année, une équipe de “Reportages découverte” a pu suivre trois entreprises dans la tourmente… et trois patrons qui font tout pour y croire encore et se lancent dans des projets de sauvetage étonnants.

La première entreprise est une vénérable fabrique de chaussettes alsacienne, qui connut jadis des heures glorieuses, au temps où la concurrence asiatique n’avait pas rongé les parts de marché du textile français. Passant d’une tricoteuse à l’autre, connaissant sur le bout des doigts les générations de machines, Dominique Malfait est un amoureux des chaussettes. Après un premier plan social, l’usine qu’il possède depuis plus de vingt ans compte encore quatre-vingt-dix salariés, mais ces emplois sont menacés, les ateliers produisent des chaussettes trop chères. « Je me bats pour sauver l’entreprise, mais en aucun cas je vendrai à des investisseurs qui vont s’empresser de délocaliser et détruire des années de travail », explique le patron des chaussettes Labonal.

Pour tenter de sortir des difficultés, Dominique mise sur le lancement d’une nouvelle marque, moins chère et 100% made in France, un créneau qui a le vent en poupe. Pour l’aider, il compte notamment sur deux jeunes salariées dynamiques, Audrey et Elodie, qui veulent mettre un coup de neuf dans la vieille usine. « C’est un projet porté par nous tous les salariés et qui est écoresponsable, tout vient de France, les savoir-faire mais aussi les matières premières, depuis le fil à tisser jusqu’à l‘étiquette.».

Pour autant, leur parcours est semé d’embuches : « Notre crainte est que le client dise que c’est sympa mais n’achète pas », explique Dominique, le patron. Au salon du Made in France, dans les rayons des supermarchés, ou sur internet, la vieille fabrique de chaussettes se démène pour rajeunir et survivre dans un secteur où seules 8 % des chaussettes vendues en France sont fabriquées sur le sol national.

En Corrèze, Richard Brandao, lui, porte à bout de bras la plus vieille manufacture française d’accordéons. Une entreprise centenaire, forte de savoir-faire uniques, mais qui perd des dizaines de milliers d’euros chaque année. Car les clients se font rares, l’accordéon est un instrument désuet. « Maintenant ça urge. Il faut qu’on arrive à l’équilibre, pour être rentable il faut qu’on se développe, donc qu’on trouve d’autres débouchés », explique le PDG des accordéons Maugein.

Avec une styliste parisienne, il lance un projet farfelu : fabriquer dans l’atelier d’accordéons, et avec les mêmes matériaux, des sacs à main en bois, accessoires de mode qu’on nommait minaudières dans les années 1930. Ensemble, ils vont déployer une énergie folle pour faire leurs premiers pas dans le monde du luxe. Richard va surtout devoir convaincre les actionnaires de l’entreprise que son projet peut sauver les accordéons.

La dernière entreprise en difficulté est une SCOP, coopérative ouvrière, dont Enis Muslic est devenu le directeur général. Enis était salarié, il ne devait pas devenir patron, mais lorsque l’entreprise a été liquidée, lui et ses collègues ont décidé de se retrousser les manches pour la reprendre eux-mêmes et devenir tous associés en y investissant leur prime de licenciement. Enis, quadragénaire dynamique, est très motivé. « C’est une belle aventure collective et c’est aussi un challenge personnel. Je me suis dit que c’était peut-être l’occasion de ma vie pour se lancer dans une autre dimension, tous ensemble ».

Pour convaincre leurs anciens clients de les suivre, ils mettent les bouchées doubles. « Plus qu’avant il faut être disponible pour la structure, pour nos associés, ou plutôt pour nos amis, parce qu’on passe plus de temps ensemble au bureau qu’avec nos propres familles », explique Mehdi, l’un des quarante associés de la Scop. C’est un pari difficile, une aventure collective. Et le plus beau est que ça marche : au bout d’un an d’existence, leur petite entreprise est sur de bons rails. Elle va même embaucher.