L'histoire en quelques lignes...
Occupant un minable appartement insalubre en entresol, au cœur d’un quartier pauvre de Séoul, les quatre membres de la famille Ki-taek, passés maîtres dans l’art de la débrouille, alternent chômage et boulots précaires. Jusqu’au jour où Ki-woo, le fils, se voit proposer une opportunité en or : prodiguer des cours d’anglais à domicile à une lycéenne des beaux quartiers. Armé d’un faux diplôme fabriqué par sa sœur, Ki-joon, le jeune homme se fait embaucher sans peine par les richissimes Park, en profitant de l’extraordinaire naïveté de la mère de famille. Il lui recommande bientôt Ki-joon, qui se fait passer pour une étudiante brillante et s’improvise art-thérapeute auprès du fils, psychologiquement perturbé. Arnaqueurs hors pair et peu soucieux de la morale, les Ki-taek tenteront d’exploiter jusqu’au bout le juteux filon qu’ils ont découvert…
Jeu de massacre
Parasite s’ouvre comme une comédie noire, esquissant dans cette confrontation entre les deux extrémités de l’échelle sociale une cruelle satire de la société sud-coréenne – brocardant tout autant le snobisme et le mépris de classe des nouveaux riches occidentalisés que les prolétaires qui n’ambitionnent que de les supplanter –, pour opérer à mi-parcours un brusque changement de ton. La violence inhérente à la lutte des classes prend alors un tour littéral, jusqu’à l’apothéose en forme de jeu de massacre.
Avec une intrigue à tiroirs impeccablement ficelée et plus subtile qu’il n’y paraît, servi par une mise en scène virtuose traversée d’allégories et une excellente direction d’acteurs, Bong Joon-ho (Memories of Murder, Mother, Snowpiercer, le Transperceneige) réussit brillamment – il nous y a désormais habitués – à conjuguer exigence formelle et grand spectacle. Jusqu’au triomphe international : Palme d’or à l’unanimité en 2019, Parasite crée l’événement aux Oscars, raflant quatre statuettes et devenant le premier film non anglophone de l’histoire à être sacré meilleur film.



































